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"C'est l'heure de l'autodissolution du macronisme": Dominique de Villepin estime qu''aujourd'hui, personne ne gouverne" la France

BFM Amélie Com
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le 4 avril 2025 à Paris

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le 4 avril 2025 à Paris - Photo par JOEL SAGET / AFP

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S'il ne s'est pas officiellement déclaré comme candidat à la prochaine élection présidentielle, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin se dit "déterminé à participer au combat de 2027", pour incarner "la convergence républicaine (...) face au défi identitaire."

S'il n'est pas officiellement candidat pour la prochaine présidentielle, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin concède être "absolument déterminé à participer au combat de 2027", dans un entretien publié ce dimanche 25 janvier dans La Tribune Dimanche.

De retour sur la scène médiatique en 2024, lors de l'entre-deux tour des législatives anticipées, Dominique de Villepin surprend la classe politique en appelant à voter pour le Nouveau Front Populaire, la coalition de gauche, pensée comme un front républicain au Rassemblement national.

Un an plus tard, il publie un livre programme, Le pouvoir de dire non, et lance son mouvement, La France humaniste.

Incarner "la convergence républicaine (...) face au défi identitaire"

De quoi entretenir l'idée qu'il a des ambitions pour 2027. Pourtant, l'ancien Premier ministre assure qu'il est encore trop tôt pour se déclarer officiellement.

"Aujourd'hui, c'est le temps du bilan", et "l'heure de l'autodissolution du macronisme", juge-t-il.

Dominique de Villepin estime surtout que "les Français, ne sont pas encore dans la présidentielle" et glisse se préparer. Les "logiques politiques extrémistes" l'auraient poussé à "revenir en politique après 18 ans d'absence". Dominique de Villepin assure avoir envie d'incarner "la convergence républicaine (...) face au défi identitaire."

Sur la situation du moment et notamment sur le macronisme, l'ancien Premier ministre se montre très critique. En France, "personne ne gouverne", assène-t-il. Dominique de Villepin déplore "le sentiment de toute-puissance élyséenne" qui "a conduit le président à fausser le jeu démocratique".

"Ils n'ont rien appris"

Profitant d'une popularité à gauche, notamment pour ses positions sur les questions internationales, en particulier sur Gaza, l'ancien ministre de Jacques Chirac admet ne plus partager grand-chose avec son ancienne famille politique.

Dominique de Villepin déplore surtout les propos tenus par le président du parti, Bruno Retailleau, alors que ce dernier venait d'arriver au ministère de l'Intérieur en septembre 2024. Celui-ci avait alors déclaré que "l''État de droit n'est ni intangible, ni sacré."

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Une position "invraisemblable à ce poste", pour Dominique de Villepin, et qui caractérise "l'évolution qui conduit la droite et l'extrême droite à la surenchère populiste permanente", selon l'ancien chef de gouvernement.

Du côté de la majorité, "même Gabriel Attal dérive", déplore Dominique de Villepin. "Quand je l'entends dire sur le Venezuela que le droit ne compte plus parce que la force gouverne le monde, je suis stupéfait... Ils n'ont rien appris", s'emporte-t-il.

Par ailleurs, Dominique de Villepin affirme avoir "mis en garde" Sébastien Lecornu, pour lequel il dit avoir "de l'amitié, "contre toute proximité et dépendance trop grande vis-à-vis d'un président dans le déni." Car pour lui, "la faute originelle de l'après dissolution est de n'avoir (...) pas respecté les institutions en confiant, en premier, au bloc de gauche, arrivé en tête, la mission de constituer une majorité."

S'il s'engageait dans la course à la présidentielle, Dominique de Villepin assure que ses priorités seraient "l'ordre républicain, la justice sociale et l'ambition économique" et se dit "partisan de la sévérité" sur la délinquance, pour la "clarté sur l'immigration clandestine, mais toujours dans un cadre républicain." "En France, on n'a pas besoin d'une énième loi sur l'immigration. Il faut rétablir l'État", plaide-t-il.

"Nous avons affaire à des prédateurs"

Sur le plan international, Dominique de Villepin estime que "tout l'ordre de l'après-1945 est remis en question". Notamment, lorsqu'il s'agit des relations entre la France et les États-Unis. "Trump est attiré par les hommes forts comme Poutine", analyse-t-il.

Outre Atlantique, "l'actuelle présidence promeut les populistes, donc, clairement, l'extrême droite." Et de prévenir: "Nous avons affaire à des prédateurs."

Pourtant, Dominique de Villepin refuse toute comparaison avec la montée du nazisme dans les années 1930 en Allemagne. Il affirme que comparer avec cette période "discrédite tout" et met tout de même en garde: "si la France tombait dans les mains du RN, toute l’Europe suivrait."