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Budget 2013 : le doute des socialistes

BFM Christophe Jakubyszyn
Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20

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Le parti socialiste est en proie au doute économique. Et si le budget 2013, dont la discussion commence cette semaine à l’Assemblée, était une erreur ? La première erreur du gouvernement…

Le porte-parole de ceux qui doutent n’est pas n’importe qui… c’est celui qui va présider au débat du budget à l’Assemblée, Claude Bartolone, le président socialiste de l’Assemblée nationale.
« C’est surtout la démonstration de ce côté absurde des 3% par rapport à la situation que nous connaissons. L’Europe ne peut pas simplement être le continent où on dit rigueur rigueur rigueur », a-t-il affirmé dimanche soir sur LCI.
Ce scud majoritaire a été envoyé pendant que le ministre du Budget Jérôme Cahuzac était interrogé sur BFMTV. Réponse immédiate et gênée du ministre du budget : « Je pense que ce qualificatif dans la bouche de Claude Bartolone, que je connais bien, veut simplement dire que ça sera très difficile. Nous faisons ce qu’il faut pour tenir la parole que la France a donné ».
Absurde égale difficile, selon le ministre du budget. Vraiment ? Ouvrons le dictionnaire : « absurde : qui est contraire à la raison, qui est
aberrant, insensé ».
Donc on avait donc bien compris, pour le président socialiste de l’Assemblée, ce budget 2013 est une folie car il va entraîner, selon lui, une spirale de récession, de chômage, donc moins de recettes fiscales et des déficits en hausse, le contraire de ce qui est recherché. Bref, une situation à la grecque ou à l’espagnole que dénonçait déjà la gauche de la gauche pendant la campagne électorale.

Le gouvernement a-t-il peur, lui aussi, de provoquer avec son budget 2012 une récession encore pire ?

Oui, le gouvernement prend peur, à tel point qu’on dit en coulisses qu’il pourrait renoncer à la grande réforme qu’il préparait pour la fin de l’année. Vous savez, la fameuse baisse massive des cotisations sociales qui pèsent sur les salaires, une baisse de 40 milliards d’euros sur 5 ans, compensée par une hausse de CSG et/ou de TVA.
Trop c’est trop ! ont expliqué au président et au Premier ministre certains ministres qui estiment que cette réforme se traduirait encore par une baisse de pouvoir d’achat pour les salariés. Alors qu’au final la baisse des charges des entreprises, 10 milliards par an, serait assez insignifiante.
Du coup, le gouvernement serait sur le point de renoncer à cette grande réforme du coût du travail.

Vous nous annoncez un virage à gauche ?

A gauche ou à droite. J’ai l’impression que ça n’est pas tranché. Soit, effectivement, le gouvernement lève le pied sur la rigueur, lâche du lest pendant le débat budgétaire et renonce aussi au choc de compétitivité pour ne pas entamer davantage le pouvoir d’achat des Français. Soit, au contraire, le gouvernement assume son positionnement à la droite de la gauche. En s’attaquant à une vache sacrée… les dépenses de l’Etat. Et plus précisément les dépenses sociales.
Un seul exemple qui va marquer les esprits ce matin. La politique familiale, c’est 14 milliards d’euros de dépenses fiscales pour le quotient familiale, vous savez les demi-parts qu’on ajoute lorsqu’on a des enfants. Et la politique familiale, c’est 100 milliards d’euros en allocations payées par les entreprises avec les cotisations sociales sur les salaires. 114 milliards au total…. Plutôt que d’inventer une machine à gaz pour transférer 10 milliards, n’y a-t-il pas des économies à faire sur la politique familiale ? Je sais, le débat s’annonce enflammé, mais il est possible que le gouvernement ait envie de l’ouvrir.

Pour écouter les Coulisses de la Politique de Christophe Jakubyszyn du lundi 15 octobre, cliquez ici