Bayrou : « Notre pays a abandonné la force qui était la sienne »

François Bayrou estime que François Hollande a apporté « un certain apaisement dans la société et des décisions justes, au Mali ou dans les négociations entre syndicats et entreprises ». - -
Invité ce mardi matin sur RMC et BFMTV, François Bayrou, le président du Modem, a insisté sur l'effort nécessaire que la France doit fournir en terme d'économies. Il s'oppose à la fiscalisation des allocations familiales et estime que le gouvernement comme l'opposition ont menti sur les chiffres de la croissance, qui devrait être autour de 0% en 2013 selon lui. Retrouvez ici tous les moments forts de son interview face à Jean-Jacques Bourdin ce mardi matin :
8h53 – Interrogé sur le fait d'avoir voté Hollande, François Bayrou affirme qu'il le referait aujourd'hui : « Avec François Hollande, il fallait une alternance qui a porté ses fruits sur deux points : un certain apaisement dans la société et des décisions justes, au Mali, dans les négociations entre syndicats et entreprises. Mais il y a une vaste zone d’interrogations sur l’économie ».
8h51 – « La fiscalisation des allocations familiales : ça veut dire faire payer les classes moyennes. Ceux qui ont une famille nombreuse, qui sont cadres, ceux-là vont payer. Ça porte atteinte à la définition que la France a donnée à sa politique familiale depuis la guerre : elle était faite pour qu’il y ait un équilibre entre tous les niveaux de la société, y compris pour les classes moyennes. Il doit y avoir des enfants et des familles dans tous les milieux sociaux, et pas seulement dans une certaine partie de la société ».
8h45 – « Dire "c’est difficile, mais on garde nos objectifs de croissance" me parait être le langage le plus raisonnable. Se relancer dans le surendettement ne marchera pas. Regardons pourquoi les créateurs, les chercheurs, ont d'énormes difficultés chez nous qu’ils n’ont pas ailleurs : les gens s’arrachent les cheveux avec la paperasse, ils n’ont pas de partenaire. Tant qu’on n’aura pas saisi cette idée que l’Etat est là pour soutenir ceux qui ont envie de faire quelque chose, on ne s’en sortira pas ».
8h42 – Sur la Grèce, François Bayrou explique : « Si un pays est engagé dans un désendettement sans fin, il est fichu. Il faut faire attention pour relancer la machine à dette. Pour la France, la discipline n’est pas excessive. Un pays qui ne vit qu'en empruntant a absolument besoin de trouver des prêteurs. Mais n'en demandons pas trop à la Grèce, pensons au peuple ».
8h40 – « La rigueur n’est pas une option chez nous. Mais encore faut-il que les décisions soient prises dans la bonne direction ».
8h37 – « Dans cette Europe en difficulté, la France ne tient pas son rang. Nous avons capitulé devant nos faiblesses. Il y a ceux qui disent "c’est les autres, Cameron, Merkel, l’Europe". En vérité, les problèmes de la France sont français. Nous sommes le seul pays comparable à ne pas réussir à équilibrer son commerce extérieur. Si on sent un flottement, c’est parce qu’on ne voit pas la politique qui permet de répondre aux causes de cette dégradation ».
Alors que le gouvernement annonçait 0,8% de croissance en 2013, Laurent Fabius parle ce mardi de 0,2 ou 0,3%.
8h36 – « L’élection présidentielle s’est déroulée avec des prévisions de croissance mirobolantes, des illusions et des mensonges. En réalité, ça veut dire 0%, au mieux, en 2013. On a un problème massif, majeur, lourd, jamais affronté jusqu’à maintenant. Notre pays a abandonné la force qui était la sienne : force de création, d'entreprise, de production ».
Retrouvez aussi chaque matin le meilleur de Bourdin & Co en direct avec Jean-Jacques Bourdin.












