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AZF : les victimes et leurs proches satisfaits après l'arrêt de la cour d'appel

BFM La Rédaction
Vue du site d'AZF à Toulouse, après l'explosion de l'usine, le 21 septembre 2001

Vue du site d'AZF à Toulouse, après l'explosion de l'usine, le 21 septembre 2001 - -

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Les associations de victimes de la catastrophe d'AZF, qui a entraîné la mort de 31 personnes en 2001, se sont dites satisfaites par l'arrêt de la cour d'appel de Toulouse. L'exploitant du site, Grande Paroisse, et son ex-directeur Serge Biechlin ont été condamnés pour homicides involontaires.

Les associations de victimes de la catastrophe AZF se sont réjouies lundi que la justice ait, onze ans après, désigné des coupables dans l'accident industriel le plus grave en France depuis 1945.
L’arrêt de la cour d’appel de Toulouse, qui condamne Grande Paroisse, l’exploitant du site, et son ex-directeur Serge Biechlin, a été accueilli avec satisfaction par le président des "Sinistrés du 21-Septembre". « On est satisfait de voir que ce qu'on défend depuis onze ans est enfin reconnu et affiché comme la vérité. Notre combat n'a pas été vain. On a défendu ça (la thèse de l'accident chimique dû à des négligences) dans le désert, contre tous, et le jugement nous donne raison » a affirmé Jean-François Grelier.

« Le véritable responsable, c'est le groupe Total »

Pour Gérard Ratier, président de l'Association de familles endeuillées, « c'est une grande victoire ». Mais sa satisfaction n’est pas entière : « Ça me réconcilie un peu avec la justice, mais ce n'est pas à la hauteur de nos espérances. L'Association de familles endeuillées a déposé une plainte pour entrave à la justice et il est bien dommage que cette plainte n'ait pas été suivie... parce qu'on pouvait voir là la volonté du groupe Total de (...) troubler la manifestation de la vérité. Je regrette que, dans ce délibéré, on en ait très peu parlé. C'est regrettable parce que c'était notre cheval de bataille et si la manifestation de la vérité a été aussi longue, c'est parce que Total s'est épuisée à camoufler la vérité. Cela, c'est une défaite parce que le véritable responsable, c'est le groupe Total, ce n'est pas M. Biechlin », le directeur de l'usine.

« Ce sont des plaies très fortes »

Pierre Cohen, le maire PS de Toulouse, s’est déclaré lui aussi « satisfait, parce qu'une cause de la catastrophe est bien mise en évidence (dans l'arrêt) par rapport à tout ce qui a pu sortir de farfelu. Cette fois-ci, par rapport au premier jugement, il y a un véritable coupable. La culpabilité de Grande paroisse me semble (mettre) un terme à onze années de souffrance et de malaise et (j'espère) que sans jamais oublier, on puisse reprendre espoir. (Cet arrêt) ne pansera jamais (toutes les plaies), ce sont des plaies très fortes, donc il faudra encore beaucoup de temps, les choses sont très exacerbées ».