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Avec Valls, Hollande s’impose une cohabitation

BFM Hervé Gattegno
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Au lendemain de la déroute des municipales, F. Hollande a nommé M. Valls à la tête de ce qu’il a appelé hier à la tv un « gouvernement de combat ». Mais avec Valls, Hollande s’impose une cohabitation.

A la tête d’une majorité qui menaçait d’imploser, F. Hollande avait besoin d’un PM qui puisse s’imposer. M. Valls s’est imposé… y compris à F. Hollande. Il ne voulait pas le nommer : il a dit non en novembre. Il s’est accroché au maintien de JM Ayrault. Même dans la débâcle des municipales, il a offert le poste à JY Le Drian (un clone d’Ayrault en moins usé) – c’est vraiment que Valls n’était pas son choix. Pour F. Hollande, la qualité première de JM Ayrault, c’est qu’il était désintéressé – mais il était peu intéressant. Valls est plus fort et plus ambitieux : sa nomination est intéressante, mais on ne peut pas parier sur son désintéressement…

M. Valls se pose déjà en rival de F. Hollande ? Il pourrait aller jusqu'à contester son autorité, peut-être l'affronter en 2017 ?

On en est loin mais M. Valls a montré qu’il n’était pas obligatoirement soumis à son chef quand c’était JM Ayrault. Il a même contesté l’arbitrage de F. Hollande sur le cas Leonarda. Maintenant qu’il lui a tordu le bras pour entrer à Matignon, on l’imagine mal faire profil bas. Si F. Hollande n’avait pas envie de le nommer, c’était soit parce qu’il voulait garder cette carte pour plus tard, en vue de 2017 ; soit parce qu’il se méfiait de lui – et peut-être pour les deux raisons à la fois. En le nommant, il n’a pas remis à Valls les pleins pouvoirs mais il a acté un rapport de forces. Donc ce n’est pas une abdication mais une forme de cohabitation.

JM Ayrault s'est battu jusqu'au bout pour rester à Matignon. Est-ce qu'il n'est pas injuste de le rendre responsable d'une défaite qui est d'abord celle de F. Hollande ?

Bien sûr ; c’est une preuve supplémentaire de la soumission de F. Hollande à la Vè République hyper-présidentielle, même s’il avait juré le contraire quand il était candidat. C’est l’injustice du système : il fallait un responsable à la débâcle ; ça ne pouvait pas être le président – donc c’était forcément le premier ministre. Et puis il fallait un responsable à la tête du gouvernement, ça ne pouvait plus être Ayrault. C’est la morale de cette fable de pouvoir : Ayrault passait pour une tête de mule ; il a courbé l’échine ; il finit en bouc émissaire.

Les Verts ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à ce gouvernement. Est-ce que la nomination de Valls provoque déjà une crise dans la majorité ?

Les verts étaient un boulet : avant de soutenir Ayrault, ils ont bien contribué à le discréditer en alimentant le désordre au gouvernement. C. Duflot lui a donné le baiser de la mort… F. Hollande a choisi d’écouter la partie de sa majorité qui réclamait de l’ordre et de l’efficacité plutôt que celle qui réclamait un virage à gauche. M. Valls a un profil social-libéral mais il est allié avec A. Montebourg et B. Hamon – qui incarnent l’aile gauche et qui devraient sortir renforcés du remaniement. Visiblement, F. Hollande privilégie la solution énergique à la transition énergétique…

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