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Assurance chômage: Cambadélis répond très sèchement à Macron

BFM Jé. M. avec AFP
Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, s'en prend à Emmanuel Macron au sujet de l'assurance-chômage.

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS, s'en prend à Emmanuel Macron au sujet de l'assurance-chômage. - Philippe Huguen - AFP

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Le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, n'apprécie pas que le ministre de l'Economie envisage une réforme de l'assurance-chômage, contrairement au souhait de François Hollande. Il l'a fait savoir.

En ce jour de conseil national du PS, les socialistes voulaient éviter tout couac. C'est raté. Le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a pris le contre-pied, ce dimanche, du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. Ce dernier s'est en effet dit favorable à une réforme de l'assurance chômage, contrairement à la volonté affichée par François Hollande. Une attitude vertement critiquée par le patron des socialistes.

"La gauche n'a pas de tabous, mais elle a quelques totems, en particulier le fait que quand le président de la République s'exprime, les ministres appliquent", a déclaré le député Cambadélis lors de son arrivée au conseil national du PS à Paris.

Est-ce une fin de non recevoir à ce chantier? "Absolument", a-t-il encore tranché.

"Pas de tabou ni de posture"

Il répliquait ainsi à M. Macron qui, dans le JDD, a jugé qu'il ne devait "pas y avoir de tabou ni de posture" sur l'assurance-chômage, en plein débat à gauche sur l'opportunité de débattre du montant et de la durée des allocations.

"L'assurance-chômage est en déficit de 4 milliards d'euros", argumente le ministre. "Quel responsable politique peut s'en satisfaire? Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là. C'est aux partenaires sociaux qu'il appartient de faire avancer les choses".

Hollande avait pourtant mis les choses au clair

Cette forte prise de position intervient trois jours après que François Hollande eut assuré à Milan, à propos d'une réforme de l'assurance chômage, qu'il y avait "suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés et que nous montrions que nous faisons des réformes utiles à l'emploi".

Cette déclaration présidentielle a été vue comme un recadrage de propos rapportés du Premier ministre, tenus lors d'un déjeuner avec des journalistes britanniques, lundi à Londres. La question du montant et de la durée de l'indemnisation chômage en France "doit être reposée", aurait alors dit le chef du gouvernement, pourtant beaucoup plus prudent juste après devant la presse française. Des dissensions entre les deux têtes de l'exécutif? "De la blague" a évacué Manuel Valls.

Secrétaire national du PS, David Assouline a aussi pris le contre-pied d'Emmanuel Macron, sur Twitter:

Bartolone appelle au calme

"J'appelle tous les membres du gouvernement, tous les responsables politiques (à) faire attention lorsqu'il y a une mesure d'annoncée (...) J'appelle tout le monde au calme", a déclaré pour sa part le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone. "Lorsqu'il y a des réformes, il faut qu'elles soient prêtes pour que l'on puisse dire exactement à chacun ce qu'elle va engendrer dans sa vie", a-t-il poursuivi.

"Mais les annonces fantasmes, a-t-il enchaîné, je me méfie, lorsqu'il y a une proposition qui est mise sur la table et qui, d'un seul coup, engendre de l'inquiétude dans un pays qui déjà très inquiet en se demandant ce qu'on va enlever". "Parce que hélas, aujourd'hui, le mot de réforme est ressenti par une grande majorité de la population comme 'on va encore nous prendre quelque chose', je dis attention", a conclu Claude Bartolone.