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Après sa gaffe sur les otages, Kader Arif doit-il démissionner ?

BFM Mathias Chaillot avec Céline Martelet
Le ministre Kader Arif a d'abord annoncé la libération des otages avant de se rétracter.

Le ministre Kader Arif a d'abord annoncé la libération des otages avant de se rétracter. - -

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Jeudi, le ministre délégué aux Anciens combattants Kader Arif a annoncé la libération des 7 otages français enlevés au Cameroun, avant de la démentir. Une faute qui prête le flanc aux critiques de cafouillages à droite.

Il y a des jours où il vaut mieux, parfois, ne rien dire. Kader Arif s’en est bien rendu compte jeudi, lorsqu’il s’est levé lors d’une séance de l’Assemblée nationale et a demandé à prendre la parole. Le ministre délégué aux Anciens combattants a alors annoncé la libération des 7 otages français enlevés au Cameroun, sous les applaudissements de ses collègues. Une demi-heure plus tard, du même endroit, il affirmait n’avoir que « relayé des informations de presse » avant que le Quai d’Orsay ne démente l’information pour de bon.
Très vite, l'opposition crie au cafouillage et même au « bordel » au sein du gouvernement. Après Jean Marc Ayrault obligé de recadrer un ministre depuis le Cambodge sur la PMA et Laurent Fabius qui annonce des prévisions de croissance dans son coin alors que François Hollande est en Grèce, comme une impression de désordre flotte au sein du gouvernement.

« Chacun doit être dans son rôle »

Pour l’ex ministre de la Défense Hervé Morin, c’est bien « un dysfonctionnement » dont Kader Arif « devra lui-même tirer les conséquences », affirme le député UDI de l'Eure. « Quand on est dans un gouvernement, chacun doit être dans son rôle, et il ne l’était pas. Mais ce qui est clair, ce que ce n’est pas à un ministre délégué aux Anciens combattants d’interrompre la séance. Il y a un Etat avec des attributions gouvernementales : ça relève au minimum du Premier ministre, du ministre des Affaires étrangères ou de la Défense ».

« Tout le monde court après le scoop »

Le député socialiste de l’Ardèche Pascal Terrasse reconnaît l’erreur mais n’y prête pas beaucoup d’attention. « On ne va pas démissionner parce qu’on a fait une erreur de communication ! Je ne suis pas là à demander une démission, ce n’est pas comme ça qu’on juge un ministre. C’est une erreur évidemment d’avoir pris de l’information et commenté, c’est ça la réalité. Tout le monde court après le scoop, « je veux être le premier à donner une information ».