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Viols de l’Ardèche : un homme arrêté

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Suspecté d’avoir sexuellement agressé cinq jeunes filles dans des campings en Ardèche, un homme a été mis en examen dimanche soir. « Nous avions trouvé des images choquantes dans son ordinateur », raconte un de ses anciens amis, «la gendarmerie était au courant».

Suspecté de cinq agressions sexuelles dans des campings du sud de l’Ardèche entre fin juin et le 8 août, un homme a été mis en examen dimanche soir pour viol sur mineure de moins de 15 ans. Une information judiciaire a aussi été ouverte.
Le mode opératoire, lui, était a priori le même à chaque fois : le suspect a reconnu avoir agressé cinq fillettes en s’introduisant, la nuit, dans les campings de Ruoms, Vogüe, Privas, Lavilledieu et Saint-Didier-sous-Aubenas.
Connu des services de gendarmerie, il avait déjà été condamné à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve en 2000 pour des faits d’agression sexuelle, et avait été placé sur le Fichier national automatisé des empreintes génétiques. Son ADN est d’ailleurs l’un des éléments qui ont permis son identification.

« Il y a un an, on a prévenu la gendarmerie »

Sur RMC, Warren, un ancien ami du violeur présumé, affirme pourtant que tout cela était prévisible, et que le pire aurait pu être évité : « On savait qu’il y avait, sur son PC, des historiques choquants, avec des petites filles se faisant violer. Il y a un an, on l’a dit à la gendarmerie, et je pense qu’il aurait été arrêté avant s’ils avaient un peu plus approfondi l’enquête. Même les gendarmes avaient dit à mon collègue qu’il avait déjà des antécédents par rapport à ça, ils étaient au courant. » Aujourd’hui, c’est l’amertume qui domine chez lui. Après avoir dénoncé son ancien ami, il avait été poursuivi par le suspect pour diffamation, et avait tout raconté aux forces de l’ordre. « Franchement, c’est dommage. Sachant qu’ils savaient ça, ils auraient dû nous écouter, mais ils n’ont rien voulu savoir de plus. »

« Nous allons prendre connaissance du dossier pour voir s’il y a eu dysfonctionnement »


Il aura donc fallu attendre cinq agressions avant qu’un suspect ne soit arrêté. Pourquoi autant ? Martine Brousse est déléguée générale de la Voix de l'enfant, association fédérative ayant pour but « l’écoute et la défense de tout enfant en détresse quel qu’il soit, où qu’il soit » : « Dans le cas de la dernière agression, ils ont pu immédiatement faire des prélèvements sur la petite fille. Mais est-ce qu’ils ont eu autant d’éléments pour les autres agressions ? Est-ce que les parents n’ont pas enlevé les éléments de preuve, ne serait-ce qu’en donnant une douche ? », s’interroge-t-elle. « On n’a pas toujours cette possibilité de prélèvement et recherche d’ADN. »
Son association devrait se porter partie civile, et veut s’assurer que les procédures ont bien été respectées : « Il va falloir qu’on prenne connaissance du dossier, pour voir s’il y a eu dysfonctionnement. Sur la dernière affaire, il n’y en a pas eu, mais il faut voir ce qu’il s’est passé sur les affaires précédentes. »
Le suspect a effectué sa première nuit à la maison d'arrêt du Pontet à Avignon. S'il est reconnu coupable, il encourt jusque 20 ans de prison.