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Viol et meurtre de Léa, 17 ans: un homme jugé en appel

BFM G.D. avec AFP
Gérald Seureau lors de son procès le 17 novembre 2014 à Montpellier

Gérald Seureau lors de son procès le 17 novembre 2014 à Montpellier - PASCAL GUYOT, AFP/Archives

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Gérald Seureau, condamné en 2014 à la perpétuité pour viol et meurtre de Léa une lycéenne de 17 ans, est jugé en appel jusqu'à vendredi aux assises de Carcassonne.

Lycéenne de 17 ans, Léa avait été violée et tuée après une soirée la nuit du Nouvel An. Gérald Seureau, condamné en 2014 à la réclusion criminelle à perpétuité avec 20 ans de période de sûreté, est jugé en appel à partir de lundi à Carcassonne devant les assises.

Âgé aujourd'hui de 30 ans, l'accusé a longtemps été dans la dénégation, avant de reconnaître les faits à la fin du procès en novembre 2014. "Ça fait quatre ans que je suis pétri de remords", avait-il déclaré alors que l'avocat général avait requis la peine maximale, la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

Le verdict est attendu vendredi.

Le portrait de Léa brandi par des manifestants le 15 mai 2013 devant le palais de justice de Montpellier
Le portrait de Léa brandi par des manifestants le 15 mai 2013 devant le palais de justice de Montpellier © PASCAL GUYOT, AFP/Archives

Main gonflée

Le 1er janvier 2011, le père de Léa s'était présenté au commissariat de police de Montpellier pour signaler la disparition de sa fille. Il était accompagné d'un jeune homme qui affirmait avoir passé la soirée de la Saint-Sylvestre avec la lycéenne qu'il avait quittée vers 06h00.

Au moment de signer le procès-verbal d'audition, un policier remarque sur l'une des mains du jeune homme un gonflement important. Il place en garde à vue Gérald Seureau, alors âgé de 24 ans qui avoue en pleurant avoir laissé Léa dans un parc proche du lieu de la soirée.

Le corps de la jeune femme a effectivement été découvert dans ce parc avec, non loin, une gourmette du jeune homme.

Bataille juridique

Devant les enquêteurs, le jeune homme donne une première version de cette soirée entre jeunes avec grande consommation d'alcool, de cannabis et d'amphétamines. Mais devant le juge d'instruction, il revient sur ses déclarations, affirmant ne se souvenir de rien.

Cette affaire a donné lieu à une intense bataille juridique. Le premier avocat de Seureau, Me Laurent Epailly, a obtenu le 7 juin 2012 l'annulation des aveux par la chambre de l'instruction de Toulouse.

Les magistrats, suivant un arrêt de la Cour de Cassation, ont estimé que la présence d'un avocat était nécessaire, quand bien même la loi de la réforme de la garde à vue officialisant cette présence n'était pas entrée en vigueur.

D'autres pourvois en cassation ont été déposés pour éviter le procès. Au point que les parents de Léa ont craint que celui-ci ne se tienne jamais. Ou soit vidé de son sens.

Incompréhension

Ils ont créé une association: "Léa: droit à un procès équitable". Mais finalement en décembre 2013, la plus haute instance judiciaire française a rejeté tous les arguments des défenseurs de l'accusé.

Considérant que la peine infligée le 21 novembre 2014 était "le minimum", les parents ne comprennent pas aujourd'hui pourquoi "le meurtrier (présumé) de leur fille" leur inflige un autre supplice avec ce nouveau procès.

"L’enjeu de ce procès, ce ne sont pas les aveux. On en n'a pas besoin pour savoir ce qui s'est passé. L'enjeu, c'est de juger un homme. Il veut être jugé comme un homme, non comme un monstre", a ajouté l'avocat.