Vaucluse: accusée d'avoir tué la femme de son amant

Le fronton d'une cour d'assises (Illustration) - Franck Perry - AFP
Jessy Travaglini a fini par tout avouer à son père. Début octobre 2013, cette jeune femme de 28 ans à l’époque et mère d’un petit garçon demande à son père de l’aider à se débarrasser d’un corps. Il s’agit de celui d’Eloïse Bagnolini, âgée de 30 ans, elle aussi maman d’un petit garçon. Cette dernière est la femme d’Alain Castel, un collègue avec qui Jessy Travaglini entretenait une liaison épisodique.
Le drame s’est produit la veille dans la maison du couple à Aubignan. Devant les enquêteurs, Jessy Travaglini explique s’être rendue au domicile de son amant, à la demande d’Eloïse. Elle souhaitait discuter avec elle après avoir découvert la liaison de son mari. Dans la maison, la dispute éclate et les deux femmes en viennent à se battre. Jessy Travaglini explique à la police qu’elle saisit alors une serviette de bain avec laquelle elle enserre le cou de sa rivale qui meurt.
La simulation d'un départ précipité
Jessy Travaglini tente alors de dissimuler son acte. Elle nettoie les traces de sang, et remplit deux valises pour simuler un départ. Elle déplace le corps dans le coffre de sa voiture, réenclenche l’alarme de la maison et quitte les lieux. Elle jette par ailleurs dans le Rhône les clés de la maison, la télécommande de l’alarme, le téléphone de la victime et la serviette utilisée lors de la dispute, rapporte La Provence. Le jeune femme poursuit alors sa journée normalement et déjeune avec une amie. Devant elle, Jessy Travaglini chute volontairement dans les escaliers pour justifier ses blessures.
Ce comportement interroge l’accusation alors que la jeune femme comparaît ce lundi devant la cour d’assises du Vaucluse. Son avocat dénonce toute préméditation et explique qu'il s'agit de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
"Elle n’a jamais voulu donner la mort à Eloïse Bagnolini, explique Me Louis-Alain Lemaire au Parisien. C’est une bagarre qui a mal tourné. Sa tête a heurté la baignoire, elle a eu peur, donc elle a rendu des coups. Ce n’est pas parce qu’ensuite elle essaie de cacher la chose qu’elle a prémédité son geste".
Le mari harcelé?
Mais pour l’accusation le récit de Jessy Travaglini ne tient pas. Le dossier n’a pas permis d’établir qu’Eloïse avait contacté Jessy et que c'est bien à la demande de la femme trompée qu'elles se sont rencontrées. La victime aurait par ailleurs tout ignoré de la liaison qu’entretenait son mari.
De son côté, Jessy Travaglini aurait confié à une amie espérer que son amant quitte sa femme pour vivre avec elle. Le veuf explique au contraire que sa liaison tournait au harcèlement et qu'il envisageait de déménager. La cour d'assises doit rendre son verdict mercredi.












