Une famille porte plainte contre un Ehpad après le décès d'un proche

Lorsqu’il entre en Ehpad début 2017, Henri Tessier espère finir sa vie dans un cadre apaisé. C’est pourtant dans cet établissement de Seine-Maritime qu’il meurt trois mois plus tard, à l’âge de 89 ans. Sa fille, Isabelle Tessier, reproche à l’Ehpad d’avoir négligé et mal soigné son père, précipitant ainsi son décès. "Il est mort de la gangrène sans antidouleur. C’est de l’indifférence, de la maltraitance", tance-t-elle au micro de BFMTV.
"Manquement dans la prise en charge de la douleur"
"L'état de mon père, atteint de la maladie d'Alzheimer, s'est rapidement dégradé après son arrivée dans l'Ehpad en février 2017", poursuit-elle auprès de l’AFP. "Personne ne s'est occupé de lui pendant les derniers jours de sa vie. On ne peut pas accepter qu'une personne finisse sa vie dans de telles souffrances." Pour étayer la plainte qu’elle vient de déposer, Isabelle Tessier s’appuie sur un rapport d’experts missionnés par le tribunal administratif de Rouen.
Ces derniers ont effectivement constaté "un retard de prise en charge d’un ulcère artériel, un manquement dans la surveillance de l’état d’hydratation de monsieur Tessier. Cette déshydratation globale a sans aucun doute participé à l’altération de l’état général du patient et son décès", notent-ils. Les experts soulignent également "un manquement dans la prise en charge de la douleur" de l’octogénaire.
D'autres cas similaires?
"L'Ehpad de Grugny ne doit pas être un mouroir pour personnes dépendantes et vulnérables. Mon papa avait plus que jamais besoin de soins, d'attention, d'être assisté, rassuré et protégé, il a eu tout le contraire", dénonce Isabelle Tessier dans sa plainte envoyée le 10 mai. Le parquet de Rouen a ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.
Un éclairage nécessaire pour la famille Tessier qui ne parvient toujours pas à faire le deuil de l’octogénaire, deux ans après sa mort. "Ça a détruit toute une famille. C’est douloureux de se dire qu’on a peut-être pas été à la hauteur, même si ce n’est pas de notre faute", confie-t-elle sur notre antenne. Isabelle Tessier attend de cette plainte que "les défaillances de l'établissement soient reconnues par la justice. Je suis persuadée que le cas de mon père n'est pas un cas isolé au sein de cet établissement."












