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Un expert prône un accord à l'amiable dans l'affaire du Mediator

Alors qu'une association de victimes du Mediator s'apprête à déposer une centaine de plaintes contre le laboratoire Servier, fabricant de l'antidiabétique auquel sont imputés 500 à 2.000 décès, Georges-Alexandre Imbert, spécialiste de ce type d'affaires,

Alors qu'une association de victimes du Mediator s'apprête à déposer une centaine de plaintes contre le laboratoire Servier, fabricant de l'antidiabétique auquel sont imputés 500 à 2.000 décès, Georges-Alexandre Imbert, spécialiste de ce type d'affaires, - -

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PARIS (Reuters) - A la veille du dépôt d'une centaine de plaintes au pénal contre le fabricant du Mediator, le président d'une association d'aide...

PARIS (Reuters) - A la veille du dépôt d'une centaine de plaintes au pénal contre le fabricant du Mediator, le président d'une association d'aide aux victimes prône la recherche d'un accord amiable avec le laboratoire Servier.

Georges-Alexandre Imbert, de l'Association d'aide aux victimes des accidents de médicaments, souligne en effet que les procédures pénales sont longues et qu'une victoire n'est jamais garantie.

Dans un entretien publié lundi dans Le Parisien, il dit avoir contacté Servier, dont l'antidiabétique également utilisé comme coupe-faim serait responsable selon les études de 500 à 2.000 décès en France, et son assureur Axa pour leur proposer un accord en ce sens.

Aux victimes, "je leur conseille de ne pas se précipiter dans une action juridique au pénal car il peut se passer dix ans avant un jugement définitif. Et la chance d'avoir une conclusion en leur faveur est loin d'être garantie", explique-t-il.

"Ma conviction est que les patients doivent négocier à l'amiable avec le laboratoire Servier", ajoute-t-il, en précisant que les indemnisations peuvent atteindre 500.000 à 800.000 euros pour certaines victimes dans ce type de dossiers.

Interrogée sur cette proposition lundi sur RTL, la directrice générale des affaires extérieures de Servier, Lucy Vincent, n'a pas souhaité se prononcer dans l'immédiat.

"Comme dans tous les cas de ce genre, si notre responsabilité est engagée, et il faut examiner chaque cas, Servier prendra ses responsabilités", a-t-elle déclaré.

ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE OUVERTE

"Les enquêtes commencent aujourd'hui et nous sommes contents d'aller jusqu'au bout de tous les chiffres, de toutes les études et du calendrier des affaires réglementaires, pour qu'on comprenne exactement comment tout s'est passé, pour que l'on voie bien notre très bonne foi dans cette affaire", a-t-elle ajouté.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, elle a estimé que le Mediator "a pu présenter un vrai risque pour certains patients", tout en contestant les études ayant conclu au décès de 500 à 2.000 personnes.

Une association des victimes de l'Isoméride et du Mediator prévoit de déposer mardi 100 plaintes pour blessures involontaires et dix pour homicides involontaires, plus une plainte avec constitution de partie civile de l'association.

Le Mediator a été mis sur le marché en 1976 et a été interdit en France en novembre 2009, longtemps après son retrait dans d'autres pays occidentaux.

Dès les années 1990, des médecins avaient lancé des alertes sur ses effets secondaires cardiaques mortels, des valvulopathies. Des études jugeaient par ailleurs qu'il était sans intérêt thérapeutique.

Une enquête préliminaire a été ouverte en décembre par le parquet de Paris.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse