Un élu roué de coups à Dammarie-les-Lys témoigne contre la "montée de la violence"

Khaled Laouiti a été lynché dimanche alors qu'il tentait de s'interposer auprès d'une bande de jeunes. - -
Khaled Laouiti ne reconnaît plus le quartier où il a grandi. Dimanche après-midi, alors que les forces de l'ordre procédaient au contrôle d'un quad, ils sont caillassés au milieu de familles et d'enfants. Khaled Laouiti, élu au conseil municipal depuis trois ans tente de s'interposer avant d'être lynché.
"Après les avoir poursuivi, il y a un jeune qui m'a demandé de les laisser sinon il allait me frapper. Je me suis tourné vers lui pour lui demander de venir me voir et là je me suis fait agresser par une quinzaine de jeunes au beau milieu du quartier dans lequel j'ai grandit", raconte-t-il sur BFM Paris et RMC.
L'élu est mis à terre et frappé à coups de pied, notamment au visage. Quatre jours plus tard, il porte toujours les traces de ces blessures et n'accepte pas ce qui s'est passé ce jour-là. "J'ai beaucoup de colère (...). Les jeunes qui ont fait ça, je ne pense pas qu'ils savent ce qu'ils ont fait et les répercussions que ça aurait pu avoir. J'aurais pu perdre un oeil, j'aurais pu perdre connaissance, j'aurais pu tomber sur la tête", souligne Khaled Laouiti.
"La violence est montée d'un cran"
Il insiste pour dire qu'il s'agit bien d'une minorité de jeunes qui l'ont agressé mais dénonce une situation incontrôlable avec des jeunes de plus en plus violents et une forme de banalisation de cette violence.
"Aujourd'hui ils consomment de la violence comme ils consommeraient des clips de rap. C'est devenu tout naturel. Ils agressent que ce soit les profs à la sortie de l'école, leurs voisins, des femmes, des enfants, des copains à eux. La violence est montée d'un cran, ils ne respectent même plus leurs aînés", poursuit la victime de l'agression.
Face à cette situation, Khaled Laouiti invite à "relever la tête et à ne plus se laisser faire". Mais dans le quartier, c'est plutôt la loi du silence qui règne, certains ont tout simplement peur comme le raconte anonymement un père de famille. "Il y a certains parents aujourd'hui qui ne peuvent pas parler par crainte de représailles, on va brûler sa voiture ou on va en vouloir à ses enfants etc mais c'est une réalité", confie-t-il.
Pour l'élu socialiste d'opposition Nicolas Alix pour que les choses changent il faudrait plus d'acteurs sur le terrain, aussi bien des médiateurs que des policiers qui soient "directement au contact de la population tous les jours, pas simplement quand il y a une agression". Une police municipale devrait prochainement voir le jour dans la commune.












