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Qui est Paul Barril, ex-du GIGN?

Paul Barril en 2004 au Palais de justice de Paris lors de l'affaire des écoutes de l'Elysée

Paul Barril en 2004 au Palais de justice de Paris lors de l'affaire des écoutes de l'Elysée - -

Ancien commandant du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale, Paul Barril s'est retranché à son domicile lundi matin "dans un état de délire". Si "les choses se sont terminées naturellement", l'homme est connu par le passé pour ses actions controversées.

Circonstances malheureuses, le GIPN est intervenu lundi matin au domicile de l'ex-numéro un du GIGN, Paul Barril. L'homme s'est retranché chez lui, armé, et "dans un état de délire". Au bout d'une heure et demi de négociations, la police a pu pénétrer dans l'appartement et a trouvé l'ancien commandant, "très affaibli et allongé sur le sol". Il a ensuite été hospitalisé.

Aujourd'hui atteint de la maladie de Parkinson, l'homme était autrefois réputé pour ses actions au sein de l'unité d'élite de la gendarmerie nationale... mais également pour sa présence controversée au Rwanda à l'époque du génocide. Retour sur son parcours.

Libération de 450 otages

Paul Barril est né en 1946 à Vinay, en Isère. Après une carrière de gendarme, il est nommé commandant en second du GIGN auprès du commandant Christian Prouteau de 1978 à 1980, puis commandant du GIGN par intérim de 1981 à 1982. Pendant ces quatre années, Paul Barril aurait "arrêté 115 personnes, participé à la reddition de 61 forcenés, neutralisé à mains nues 17 individus armés, libéré plus de 450 otages".

A la suite de l'attentat de la rue Marbeuf le 22 avril 1982, il participe à la création de la cellule antiterroriste de l'Elysée. Son implication dans des affaires retentissantes commencent: le nom de Paul Barril se retrouve notamment associé dans le dossier des Ecoutes de l'Elysée, révélé onze ans plus tard.

Rôle controversé au Rwanda

Mais l'aspect le plus controversé de son parcours reste sa présence au Rwanda pendant le génocide. D'abord, lorsqu'il se trouve à Kigali en avril 1994, au moment de l'attentat contre l'avion qui transportait le président Juvénal Habyarimana, dont il se présentait comme conseiller. Puis quand il a été engagé, via sa société Secrets, par la veuve du chef d'Etat rwandais pour éclaircir les circonstances de l'assassinat.

Enfin au même moment, le gouvernement intérimaire Hutu, qui dirigeait le pays pendant le génocide, le charge de recouvrer un acompte de 1.650.000 dollars versé dans le cadre d'un contrat d'achat d'armement non honoré.

Dix-huit ans plus tard, le 7 juin 2012, après avoir entendu Paul Barril, le juge anti-terroriste Marc Trévidic ordonne une perquisition chez lui dans le cadre de l'enquête sur l'attentat du 6 avril 1994 dont a été victime le président Juvénal Habyarimana.

Affaire de blanchiment d'argent

Un contrat que le capitaine Barril avait signé le 28 mai 1994 avec le Premier ministre du gouvernement intérimaire rwandais, a été retrouvé lors de la perquisition à son domicile. 

Une plainte à son encontre pour "complicité de génocide" avait alors été déposée en juin 2013 par la FIDH, la Ligue des droits de l'Homme et l'association Survie auprès du Tribunal de grande instance de Paris. 

Il lui est reproché d'avoir signé "un accord d’assistance de fourniture d’armes et de munitions, et de formation et d’encadrement" avec les génocidaires hutu pour le compte d'une société privée (la sienne). Une information judiciaire a été ouverte.

Parrallèlement, Paul Barril se retrouve mis en cause dans l'enquête sur une affaire de blanchiment d'argent présumé au sein du cercle de jeux parisien Concorde. Il est mis en examen pour "association de malfaiteurs" et est incarcéré de décembre 2007 à janvier 2008. Il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Marseille.