Pays-Bas: jusqu'à 6 ans de prison pour des recruteurs de jihadistes

Drapeau de Daesh - Image d'illustration - AFP
Neuf personnes ont été condamnées aux Pays-Bas jeudi à des peines allant jusqu'à six ans de prison pour avoir fait partie d'une organisation qui recrutait des jeunes pour les rangs des combattants jihadistes en Syrie.
Les accusés formaient une "organisation criminelle qui avait pour but d'encourager et de recruter des 'frères' pour voyager en Syrie", a affirmé le juge Rene Elkerbout. Le groupe aidait financièrement les candidats jihadistes à rejoindre le groupe Daesh en Syrie, a souligné le juge. Le tribunal de La Haye a été déplacé dans un bâtiment sous haute sécurité dans la banlieue d'Amsterdam pour la lecture du résumé du jugement, qui a duré plus de trois heures.
Des peines de prison allant jusqu'à sept ans
Huit hommes et une femme étaient accusés d'appartenir à un groupe terroriste, d'avoir incité à commettre des actes terroristes, d'avoir recruté des jihadistes et d'avoir participé à des camps d'entraînement en Syrie. Ils avaient été arrêtés en 2014 après une enquête d'envergure sur les activités jihadistes au sein d'un quartier de La Haye. Selon l'accusation, tous les accusés "avaient des rôles différents et ont contribué aux objectifs de l'organisation". Le procureur avait demandé des peines allant jusqu'à sept ans de prison.
Le chef du groupe, Azzedine Choukoud, 33 ans, a été condamné à six ans de prison, tout comme deux autres accusés jugés en leur absence. Ceux-ci, âgé de 24 et 26 ans, seraient actuellement en Syrie. Les cinq autres accusés ont été condamnés à des peines entre trois et cinq ans de prison. La femme a été condamnée à sept jours pour avoir écrit un message encourageant au départ vers la Syrie.
220 personnes sur la route de la Syrie et de l'Irak
En majorité originaires du quartier du "Schilderswijk", dans la banlieue de La Haye, les suspects ont clamé leur innoncence, arguant que la liberté de religion et d'expression leur permettait de tenir un message en faveur de Daesh. L'enquête, la plus grande dans le pays jusqu'à ce jour, avait débuté après que plusieurs parents inquiets aient déclaré leurs enfants comme disparus auprès de la police. Les accusés étaient à l'époque impliqués dans des manifestations en faveur de Daesh dans le quartier et postaient de nombreux messages de soutien sur les réseaux sociaux.
Au moins 220 personnes ont quitté les Pays-Bas pour rejoindre la Syrie et l'Irak, selon les derniers chiffres des services néerlandais de lutte contre le terrorisme (NCTV). Environ 40 personnes sont depuis revenues au pays mais 42 autres sont décédées, tous des hommes.











