Roms : la France à la recherche « d'une solution durable »

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C’est l’un des dossiers chauds de la rentrée politique : la délicate question des Roms. Invité d’RMC et BFMTV ce mercredi, Jean-Marc Ayrault a expliqué que « dans un certain nombre de villes, des bidonvilles se sont développés, c’est illégal, les décisions de justice doivent être appliquées. Il faut trouver des solutions alternatives. S’agissant du travail, ces citoyens roumains et bulgares ont le droit de circulation mais subissent une limitation de l’accès au travail. Je suis favorable à une évolution sur l’accès au travail des Roms ». Jean-Marc Ayrault doit par ailleurs présider ce mercredi après-midi à Matignon une réunion interministérielle sur leur situation dans le pays, après plusieurs démantèlements de camps ces dernières semaines. Des ministres, et en premier lieu Manuel Valls, ainsi que plusieurs associations seront réunis autour de la table. « Un certain nombre de pistes de travail seront annoncées », a prévenu le ministre de l’Intérieur pour qui la levée des mesures qui limitent l’accès aux Roms au marché du travail « peut être une solution ».
« Attendre dix mois une autorisation de travail »
Car pour l'instant, des mesures dérogatoires restreignent considérablement l'accès des Roms roumains et bulgares au travail en France, au moins jusqu'à fin 2013. En théorie, les Roms n'ont accès qu'à 150 métiers dits « en tension », où la main d'œuvre est insuffisante. Mais en pratique, même ces métiers sont des objectifs parfois inatteignables car les patrons qui veulent les employer doivent payer une taxe supplémentaire et obtenir un accord d’embauche de la préfecture.
« Il y a des employeurs qui doivent attendre six mois, huit mois, ou dix mois pour avoir une autorisation de travail par la préfecture, regrette Christophe Auger, membre de l’association Emmaüs Coup de Main, alors que ce sont des métiers sous tension où il n’y a pas de candidats localement pour occuper l’emploi ».
Le travail, « ça change la vie »
Un véritable parcours du combattant qui « met en échec l’accès à l’emploi, car un employeur ne peut pas attendre six mois quand il a besoin de quelqu’un ». Les cas d’embauche sont donc rares, même s’ils existent. Georges et Morana, par exemple, ont tous les deux réussi à décrocher un job grâce à l’association : elle de femme de ménage, lui, de chauffeur livreur. « Ça change la vie », se réjouit Morana.
« Les employeurs avec qui on est en contact, dans le bâtiment, hôtellerie, ou autre, sont très contents de leurs embauches et n’en changeraient pas », conclut Christophe Auger.
Mardi, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland s'est félicité de la recherche par la France de « solutions durables » concernant les Roms. Il a souligné que la France fait partie des 47 pays du Conseil de l'Europe ayant approuvé ces « priorités politiques pour les Roms » dans une déclaration adoptée à Strasbourg en 2010.












