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Rétractation de Takieddine: Sarkozy entendu ce mardi en audition libre et perquisitionné

BFM Justine Chevalier , Journaliste police-justice BFMTV
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L'ex-président de la République est soupçonné, avec d'autres personnes, d'avoir fait pression sur l'homme d'affaires franco-libanais pour qu'il retire ses accusations à son encontre dans un autre dossier, celui d'un éventuel financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

Nicolas Sarkozy a été entendu ce mardi en audition libre. Ce nouveau rendez-vous avec les enquêteurs intervient dans le cadre de l'enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle en 2007, mais dans le volet subordination de témoin.

L'ancien chef de l'Etat est en effet soupçonné d'avoir donné son aval à d'autres personnes pour faire pression sur Ziad Takkiedine, un homme d'affaires franço-libannais,. Ce dernier, qui avait admis dans un premier temps avoir remis de l'argent du régime de Kadhafi pour financer sa campagne, s'était subitement rétracté fin 2020 en blanchissant dans plusieurs médias, dont BFMTV, Nicolas Sarkozy.

Une enquête avait été ouverte, confiée à l'Oclciff, l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales.

Une opération de pression à 608.000 euros

En novembre 2020 puis en décembre de la même année, dans Paris-Match et BFMTV, Ziad Takkiedine innoncente Nicolas Sarkzoy. "Monsieur Sarkozy n’a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle, déclare-t-il dans une vidéo. Je le dis haut et fort. Le juge a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que je dis ou que j’ai toujours dits."

Ces propos vont à l'encontre de ce qu'il déclare pourtant depuis 2016, clamant avoir remis, en 2006 et 2007, trois valises d'argent libyen - pour un total decinq millions d'euros - à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant. Ce qu'ils ont toujours nié. Ces déclarations ont valu à Ziad Takkiedine d'être mis en examen dans ce dossier, tout comme Nicolas Sarkozy.

Comment expliquer alors ce volte-face, d'autant que Ziad Takkiedine réitère, quelques mois plus tard en janvier 2021 dans le bureau du juge d'instruction, ses accusations à l'encontre de Nicolas Sarkozy? La justice soupçonne que ce dernier a donné son aval pour qu'au moins huit personnes faissent pression sur le Franco-libannais, moyennant finance.

Les enquêteurs ont chiffré à au moins 608.000 euros le montant de l’opération pour obtenir que l’intermédiaire Ziad Takieddine retire ses accusations contre Nicolas Sarkozy. Dans le volet du financement libyen, le parquet national financier a requis un procès contre 13 personnes, dont l'ancien chef de l'Etat.