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Ultragauche, ingérence étrangère... Quelles pistes derrière les actes de vandalisme sur l'axe TGV Sud-Est?

BFM Maxime Cliet Ruzza avec Fanny Rocher
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Le trajet d'au moins 50.000 voyageurs a été perturbé ce lundi 27 octobre par de probables actes de vandalisme, en plein milieu des vacances scolaires de la Toussaint, après des incendies sur des câbles. Le trafic a repris normalement dans la soirée.

Au moins 50.000 voyageurs touchés, une centaine de TGV retardés ou supprimés... Les vacances de la Toussaint ont été perturbés ce lundi 27 octobre, après des actes de vandalisme sur l'axe TGV Sud-Est. Deux incidents sur des câbles ferroviaires, un incendie et un vol, ont été recensés dans la nuit de dimanche à lundi, perturbant le trafic jusqu'à dans la soirée de lundi.

• Que s'est-il passé?

Dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 octobre, vers 4h30, la gendarmerie a été avisée de la coupure de la circulation des trains sur la ligne à grande vitesse entre Valence et Marseille (LGV Sud-Est), dans les deux sens.

À leur arrivée sur place, sur la commune d'Alixan, dans la Drôme, au sud de la gare de Valence-TGV, les gendarmes ont constaté des dégradations volontaires par incendie sur des câbles de signalisation

Les conséquences de cet incendie "probablement criminel", selon le ministre des Transports Philippe Tabarot, ont été amplifiées par un vol de câbles caténaires vers 6h30 près de Bollène, dans le Vaucluse, sur la ligne classique, qui a limité le report des TGV sur cette voie.

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• D'autres départs de feu suspects

Quelques dizaines de minutes avant l'incendie d'Alixan, c'est un autre incendie qui s'est déclaré non loin de cette même LGV. Vers 3 heures du matin, les gendarmes sont intervenus pour plusieurs de feux dans une carrière, sur la commune de Saint-Marcel-lès-Valence, toujours dans la Drôme.

Sur place, ils ont constaté que des véhicules de chantier ont été incendiés, ainsi que la centrale de concassage. Des départs de feu d'autant plus suspects que cette carrière se situe "à proximité immédiate des dégradations", a expliqué une source proche de l'enquête à BFMTV.

L'entreprise visée participe aux travaux de création d'un échangeur contesté sur l'autoroute A7. Si ces différents départs de feu, et leur proximité à la fois géographique et temporelle interrogent, aucun lien n'a pour l'heure été fait officiellement.

• Quelles sont les pistes privilégiées?

Une enquête a été confiée à la section de recherches de Grenoble, sans que les auteurs aient été identifiés. Pour l'heure, personne n'a été interpellé.

Parmi les pistes envisagées, celle de l'ingérence étrangère, comme évoquée par le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Cette hypothèse est toutefois réfutée par l'entourage du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, contacté par BFMTV.

L'autre piste, souvent évoquée dans des affaires similaires, est le sabotage lié à des revendications. Une piste sérieuse puisque, selon nos informations confirmant celles de l'AFP, un autre départ de feu a été signalé la nuit dernière, à proximité directe de l'incendie sur les câbles de la LGV.

Ce mardi 28 octobre au matin, lors d'une interview accordée à France 2, Philippe Tabarot a évoqué la piste de la mouvance d'ultragauche. "Depuis un certain nombre de mois, certains opposants à des projets, notamment d'aménagements, routier et ferroviaire, souhaitent mettre la panique dans notre pays et utiliser ce genre de moyens pour faire entendre leur voix, avec les conséquences que ça peut avoir, qui sont totalement inacceptables", a-t-il dénoncé.

• De nombreux précédents

Ce n'est pas la première fois que les câbles des lignes à grande vitesse sont visés. Le 14 septembre dernier, quatre départs de feu avaient été constatés sur les communes de Cadaujac, de Villenave-d'Ornon et d'Ayguemorte-les-Graves (Gironde). Des incendies qui avaient fortement perturbé le trafic entre Bordeaux et Toulouse.

Une enquête pour "dégradations par incendie en bande organisée" avait été ouverte par le parquet de Bordeaux et confiée à la section de recherches de Bordeaux. Selon les informations de BFMTV, des tags anti-LGV avaient été retrouvés sur place - une ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse est actuellement en projet - sans qu'un lien ne puisse être fait entre ces tags et les sabotages, avait à l'époque expliqué le procureur.

Le 12 septembre et 28 août dernier, des vols de câbles avaient perturbé le trafic sur la LGV Sud-Est, à proximité du Creusot (Saône-et-Loire). Des enquêtes sont toujours en cours pour "vol en réunion". Aucune interpellation n'a été faite pour l'heure, comme l'a confirmé le parquet à BFMTV.

Les 25 juin et 23 février dernier, des vols de câbles ont été constatés près de Lille. Au total, plus de 600 mètres de câble ont été "volés ou coupés" en juin, et un vol de "plusieurs centaines de mètres" en février. La SNCF parle d'"actes de malveillance".

Enfin, le 26 juillet 2024, jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, la SNCF faisait état de quatre actes de malveillance concomitants, à savoir "des incendies volontaires déclenchés pour endommager nos installations". La circulation sur les axes de LGV Atlantique, Nord et Est était très perturbée. Seule la LGV Sud-Est n'était pas concernée, l'acte de malveillance ayant été déjoué.

Et le 8 mai, lors de l'arrivée de la flamme olympique à Marseille, "un engin incendiaire sommairement constitué avec des bouteilles remplies d'essence, équipées d'une mèche pour allumer l'ensemble" avait été retrouvé sur la ligne LGV Sud-Est, entre Aix-en-Provence et Marseille. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Marseille et confiée à la sous-direction de l'antiterrorisme (Sdat).