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Tuée en pleine rue devant sa fille: le procès du "féminicide d'Hayange" s'ouvre ce mardi

BFM Alexandra Gonzalez avec Matthieu Heyman
Un portrait de Stéphanie Di Vincenzo tuée dans la rue dans la nuit du 23 au 24 mai 2021, lors d'une marche blanche à Hayange le 26 mai 2021

Un portrait de Stéphanie Di Vincenzo tuée dans la rue dans la nuit du 23 au 24 mai 2021, lors d'une marche blanche à Hayange le 26 mai 2021 - JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN © 2019 AFP

Le procès de Liridon Berisa accusé d'avoir tué sa femme Stéphanie Di Vincenzo, âgée de 22 ans, par plusieurs coups de couteau en pleine rue et sous les yeux de leur enfant en mai 2021 s'ouvre ce mardi 10 décembre aux assises de Metz (Moselle).

Le procès sur le "féminicide d'Hayange" s'ouvre ce mardi 10 décembre 2024. Les faits remontent à 2021. Dans la nuit du 24 au 25 mai 2021 dans les rues d'Hayange, en Moselle, Stéphanie di Vincenzo, une jeune femme de 22 ans, est poignardée à dix reprises à la gorge, au flanc et au dos par son compagnon, âgé alors de 23 ans.

Elle succombe à ses blessures. Juste avant d'être poignardée, la jeune femme avait été victime de la violence de son compagnon à leur domicile. Elle avait pris la fuite, lui à ses trousses, vers le commissariat à une cinquantaine mètres de leur domicile. Mais le commissariat était fermé la nuit. Le couple avait une petite fille de 4 ans qui a été retrouvée seule. Puis, l'homme a été interpellé le lendemain, vers 17h chez un couple chez qui il avait trouvé refuge. 

L'homme venait de sortir de détention

Dans le box des accusés, le jeune homme, de nationalité serbe, avait le statut de réfugié politique. Il était originaire du Kosovo et connu des services de police. Il avait été condamné à un an de prison ferme avec incarcération immédiate par le tribunal judiciaire de Thionville pour une affaire mêlant usage de stupéfiants, rodéo automobile et outrage.

L'homme de 23 ans venait de sortir de prison au moment des faits, grâce à un aménagement sous bracelet lui permettant de purger la fin de sa peine au domicile familial, avec sa compagne. Ce point avait ensuite posé question, notamment dans le cadre d'un le rapport d'inspection.

Car, fait rare, une mission d'inspection avait été ordonnée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le Garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti afin d'analyser les décisions prises par les différentes institutions avant le meurtre.

Autre point qui a interpellé les enquêteurs: la jeune femme avait déposé plainte contre son conjoint le 3 novembre 2020 pour violences verbales, psychologiques et menaces de mort. Puis, elle avait aussi déposé une main courante le 14 janvier 2021 pour ces mêmes faits mais ces plaintes n'ont jamais été transmises au parquet.

La police était intervenue à de nombreuses reprises au domicile du couple, entre janvier 2018 et janvier 2020, pour des violences verbales et des injures, mais jamais pour des violences physiques. Ce qui, selon le rapport rendu en juillet 2021, avait "installé l'image d'un couple conflictuel mais sans signal de danger imminent".

Le rapport ajoutait que les signaux faibles n'ont pas été interprétés, et les plaintes pas transmises au parquet, notamment parce "qu'à l'époque, le périmètre des violences conjugales n'était pas clairement établi, n'incluant pas forcément les violences verbales et psychologiques, mais seulement les violences physiques."