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Procès Péchier: la cour d'assises du Doubs étudie les cas de deux patients victimes d'hémorragie

BFM S.M avec AFP
Croquis d'audience montrant l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier à son procès à la cour d'assises de Besançon, le 8 septembre 2025

Croquis d'audience montrant l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier à son procès à la cour d'assises de Besançon, le 8 septembre 2025 - Benoit PEYRUCQ

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Dans le cadre du procès de Frédéric Péchier, la cour d'assises du Doubs a examiné ce jeudi 23 octobre deux cas de patients qui, contrairement aux autres, n'ont pas subi d'arrêt cardiaque, mais une hémorragie massive.

Changer de méthode pour moins attirer l'attention? C'est l'hypothèse étudiée par les assises du Doubs, ce jeudi 23 octobre, au procès de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier Le tribunal a examiné deux cas qui dénotent parmi les 30 retenus au total: les patients concernés n'ont pas subi un arrêt cardiaque, mais une hémorragie massive.

Opérés le 31 juillet 2012 pour l'une, puis le 5 septembre de la même année pour l'autre, ces deux patients de la clinique Saint-Vincent de Besançon ont perdu beaucoup de sang en fin d'intervention, de manière a priori inexpliquée, a retracé à la barre le directeur d'enquête Olivier Verguet.

Dans des circonstances qui restent mystérieuses, les deux avaient reçu une injection d'héparine, un anticoagulant - ce que rien ne justifiait du point de vue médical. Les deux seront sauvés par l'injection d'un antidote, puis une transfusion.

Deux cas isolés du reste

Sur les 30 "événements indésirables graves" (EIG) retenus dans ce dossier - et que l'accusation impute à un empoisonnement par Frédéric Péchier - ce sont les seuls où les patients n'ont pas fait un arrêt cardiaque au bloc opératoire.

Or ces faits surviennent dans un contexte où des soignants de la clinique Saint-Vincent s'interrogeaient sur de précédents arrêts cardiaques inexpliqués, relève l'avocate générale Christine de Curraize.

L'empoisonneur aurait donc pu vouloir changer de méthode pour que ses actes passent davantage inaperçus.

"Dérangé le soir, il empoisonne le lendemain?"

Concernant les empoisonnements à l'héparine, l'accusé est parti en vacances juste après le premier cas, et revenu juste avant le deuxième, relève l'accusation. Pour la défense, Randall Schwerdorffer rétorque qu'il n'y a rien d'extravagant à partir en vacances en août... Et que, dans ce volet, rien ne ramène à son client, à part le fait qu'il est présent, à chaque fois, dans un bloc opératoire contigu.

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Surdoué ou manipulateur? Accusé d'avoir empoisonné 30 patients, Frédéric Péchier clame son innocence
16:17

L'enquêteur souligne cependant que, la veille du premier cas, une infirmière avait téléphoné au docteur Péchier, qui était de garde, car elle n'arrivait pas à joindre l'anesthésiste d'astreinte. Pour le policier, cela aurait pu constituer un mobile: contrarié d'avoir été dérangé, Frédéric Péchier s'en serait pris le lendemain à la patiente de son collègue.

Pour l'avocat de la défense, un tel mobile n'a rien de crédible: "Dérangé le soir quand il est de garde, il empoisonne le lendemain? On a affaire à un ultra-dingue!", raille-t-il.

Frédéric Péchier clame son innocence dans les 30 empoisonnements, dont 12 mortels, commis entre 2008 et 2017, dont il est accusé. Il comparaît libre, mais encourt la réclusion à perpétuité. Le verdict est attendu le 19 décembre au terme d'un procès de trois mois et demi.