Procès du meurtre de l'A13 : « Des barbares » à la barre

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C’est le procès de la violence aveugle et irraisonnée. Neuf personnes, âgés d’une vingtaine d’années, comparaissent depuis ce lundi devant la cour d’assises de Versailles. Ils sont accusés du meurtre de Mohammed Laidouni, un imprimeur de 30 ans, sur l’autoroute A13 en juin 2010, près de la commune des Mureaux, dans les Yvelines. Battu à mort à cause d’un vulgaire accrochage entre deux voitures, sans autres dégâts qu’une éraflure.
Battu à mort sous les yeux de sa famille
Ce 27 juin 2010, une Renault Clio heurte, vers 1h du matin sur une bretelle d'accès qui mène à l'autoroute, la voiture de la famille Laidouni, qui part en vacances. Les véhicules, légèrement éraflés, s'arrêtent sur la bande d'arrêt d'urgence. Rapidement le ton monte. La conductrice de 20 ans à l'origine de l'accident refuse d'établir un constat amiable. Un des membres de la famille Laidouni téléphone à la police. Le passager de la Clio décide alors d'appeler des renforts. Quelques minutes plus tard, une dizaine de personnes de la cité voisine des Musiciens, aux Mureaux, arrivent sur les lieux. Mohamed Laidouni est violemment projeté contre une glissière de sécurité et roué de coups, notamment au visage, sous les yeux de sa mère, de ses frères et de sa femme. Il succombera à ses blessures le lendemain.
« Ce sont des sauvages, des barbares »
« Quand je suis arrivé à l'hôpital et que j'ai trouvé Mohamed allongé en réanimation, je ne l'ai pas reconnu, témoigne aujourd’hui son oncle Abes. Mâchoires cassées, le nez... c'est horrible, horrible ! Depuis, tous les jours je me réveille avec lui. C'était un garçon formidable, apprécié par son patron, par ses copains, qui était sportif. Pourquoi cet acharnement ? Pour un constat ! Ceux qui ont fait ça, ce sont des sauvages, des barbares. Il faut qu'ils soient punis sévèrement ». « "On va vous tuer. On va vous enterrer devant votre mère", hurlait un de ces barbares avant de massacrer mon mari. Tous les jours, je revis les mêmes scènes d'horreur », confiait à la veille du procès, Hanane Laidouni, la veuve de Mohamed.
« Personne n'a jamais voulu tuer personne »
La cour d'assises va justement s'attacher à comprendre les motivations des agresseurs présumés et à déterminer les responsabilités de chacun. Jean-Yves Lienard est l'avocat de deux des neuf accusés. Ses clients, comme les autres accusés, nient être les auteurs des coups mortels portés à Mohammed : « Tout le monde dit à peu près la même chose : il y a eu une violence mais personne n'a jamais voulu tuer personne, ce que je crois véritablement authentique. Après, qui a frappé ? C'est difficile, parce que d'un côté il y a la mort la plus bête de la terre, et de l'autre côté il y a des jeunes qui n'ont peut-être même pas donné un coup, mais seulement bousculé ou fait en sorte que ce malheureux tombe et se reçoive mal. Il y a quand même là-dedans beaucoup d'inconnus, et je crains que la cour d'assises condamne lourdement pour que les parties civiles puissent repartir apaisées ».
« Des coups à la tête en prenant leur élan sur l'autoroute »
Mais pour Anastasia Pitchouguina, une des avocates de la famille de Mohammed Laidouni, « les jeunes tapaient à tour de rôle les membres de la famille et puis une fois que Mohammed Laidouni s'est retrouvé au sol, plusieurs d'entre eux - cinq visiblement - ont porté des coups à la tête en prenant leur élan sur l'autoroute. Ils voyaient très bien qu'il était inconscient parce qu'il ne bougeait plus. La famille Laidouni était présente, donc ils savent exactement ce qu'il s'est passé, et c'est d'autant plus difficile d'entendre les dépositions des accusés qui nient systématiquement, et qui accusent un peu la famille Laidouni de mentir ».
Poursuivis pour homicide volontaire, les accusés encourent jusqu'à 30 ans de réclusion criminelle.
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