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Procès de Stéphane Plaza: l'animateur nie toute violence sur ses ex-compagnes et évoque son "nom tâché"

BFM Vincent Vantighem et Matthias Tesson, avec Charlotte Lesage
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Stéphane Plaza est jugé devant la 10e chambre du tribunal judiciaire de Paris pour "violences habituelles par concubin". À la barre, l'animateur conteste l'ensemble des faits qui lui sont repprochés.

"C’est très simple, ce sont de fausses déclarations, des calomnies." La ligne de défense de l’agent immobilier du PAF n’a pas bougé depuis le début de l’affaire, et la publication d'un article de Mediapart. Jugé pour "violences habituelles par concubin", ce jeudi 9 janvier devant la 10e chambre du tribunal judiciaire de Paris, Stéphane Plaza nie l’ensemble les violences physiques et psychologiques sur deux de ses anciennes compagnes.

"Je n’ai jamais été violent de ma vie", affirme l’animateur en costume bleu. "Je suis loin d’être parfait, j’ai des failles, mais je ne suis pas violent."

Sa défense consiste, en partie, à faire passer les victimes pour des menteuses. Au cours de l'enquête, il avait affirmé être lui-même victime de cette affaire, annonçant déposer plainte pour harcèlement à l'encontre des deux femmes qui l'accusent. Une plainte classée sans suite ce mardi 7 janvier.

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Agressions, menaces, emprise: Stéphane Plaza jugé pour violences contre deux ex-compagnes
13:14

"Il n'y a pas eu d'altercation"

Au tribunal judiciaire de Paris, Interrogé sur un épisode de violences physiques dénoncé par l’une des plaignantes, et lors duquel elle aurait reçu un coup de poing à l’épaule alors qu’elle était au téléphone avec sa mère, Stéphane Plaza l’assure: "il n’y a pas eu de violences". "Pourquoi la maman fait cette déposition, je ne sais pas. Mais je vais tout dire… Je réfute tous les faits de violences, et celui-ci, oui", poursuit l’animateur de 54 ans.

Selon son récit, sa compagne de l’époque lui aurait fait "une crise de jalousie" après une danse improvisée sur les tables au cours d’un dîner avec coquilles Saint-Jacques et champagne d'une grande maison. "Je ne dis rien", affirme-t-il. De retour au domicile, l’animateur dit avoir continué à boire de l’alcool. "Après le dîner, je dors. Je dors, je dors et je ronfle", ajoute Stéphane Plaza. "Il n’y a pas eu d’altercation. J’ai dormi."

Interrogé sur un second épisode de violences physiques dénoncé par la même plaignante, et lors duquel l’animateur lui a cassé un doigt et lui en aurait luxé deux autres, Stéphane Plaza reconnaît "un accident" mais apporte sa justification: il "ne contrôle pas [sa] force."

"Je suis dyspraxique (personne ayant une difficulté à réaliser certains gestes et actions volontaires, NDLR). J’ai blessé de nombreuses personnes. Mais physiquement, je ne la plaque pas contre le mur."

Selon lui, les faits se sont déroulés, là encore, dans un contexte de scène de jalousie. "Elle pète un câble, me dis 'Tu es un connard'. Je pars dans la chambre. Je reviens dans le salon. Je me rassois. Et ça continue. Je me lève. C’est vrai, j’ai tendance à parler fort. Je lui dis 'Écoute, là vaut mieux que je parte'. Et elle me barre la route."

Stéphane Plaza assure que la jeune femme a levé la main en l'air. "Je l’ai prise et je l’ai envoyées vers le bas", explique-t-il en mimant le geste. "C’est pour ça que je suis malheureux de cet accident et que je m’excuse."

"Je suis un pétochard"

À la barre du tribunal, Stéphane Plaza apparaît très combatif, mais aussi très agité lors de son interrogatoire. Il parle très fort, bouge beaucoup. Il mime et remime les scènes qu’on lui reproche et qu’il conteste. À tel point que le tribunal l’interroge sur la façon dont il vit cette audience.

"Je suis un pétochard. Je suis une flipette. Je suis même, je peux le dire, je suis un lâche. Mais je ne suis pas violent. Je suis allé dans des associations pour aider les femmes”, explique l’animateur.

"On touche au fond de moi quelque chose de grave. On m’humilie. Mon nom est taché. Et quoi qu’on dise, on dira 'Stéphane Plaza, il y a un doute'." L'animateur affirme même avoir perdu des contrats en raison de l'affaire: "je devais tourner pour un Marvel aux États-Unis. Quand on vous soupçonne de violences, c’est terminé. Vous n’allez plus chez Disney. C’est terminé. Je ne tourne plus de film".

Stéphane Plaza encourt une peine pouvant aller jusqu'à dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. La décision ne sera pas rendue ce jeudi 9 janvier. Le président du tribunal envisage de rendre sa décision le mardi 18 février à 13h30.