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Pau : la mère d’Alexandre a « la haine »

BFM C. Béziau, avec J. Zeghoudi et BFMTV
L'enquête comporte encore des zones d'ombre dans le meurtre d'Alexandre Junca par un marginal et trois complices présumés.

L'enquête comporte encore des zones d'ombre dans le meurtre d'Alexandre Junca par un marginal et trois complices présumés. - -

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Mickaël Baehrel a avoué dimanche s’être acharné à coups de marteau sur le jeune Alexandre Junca à Pau en juin 2011. Après la mise en examen du marginal avec trois de ses éventuels complices, la mère et la meilleure amie d’Alexandre Junca confient leur extrême colère.

Mis en examen dimanche pour « assassinat avec actes de torture et de barbarie et séquestration de plus d'une semaine, en bande organisée, d'un mineur de moins de quinze ans », Mickaël Baehrel a avoué son geste et a expliqué son accès de violence meurtrière par un état de « rage ». Trois personnes, deux hommes et une femme, ont également été mises en examen et incarcérées samedi soir à Pau pour les mêmes chefs d’accusation.

« Il m’a dit ‘bon weekend’ et n’est jamais rentré »

Des sanglots dans la voix, la mère d’Alexandre évoque sa « haine » pour le ou les meurtriers de son fils : « j’attends de voir leurs visages. La haine est forcément là. On l’a depuis 22 mois. La haine d’avoir un fils qui est parti un vendredi soir en me disant ‘bon weekend maman’ et qui n’est jamais rentré. Et aujourd’hui, d’apprendre que c’est parce qu’un malade avait 'la rage' ! » confie Valérie Lance.

« C’est à eux de payer »

Une « haine » partagée par Djamila, 16 ans, qui était l’une des meilleures amies d’Alexandre. Elle est la dernière personne à l’avoir vu vivant. Elle avait quitté l’adolescent de 13 ans après une soirée entre amis alors qu’il se trouvait à dix minutes en vélo de chez son père. Aujourd’hui, elle se sent « comme dans un cauchemar » et « totalement perdu[e] ». La jeune fille ajoute : « on a toutes les émotions qui se mélangent. Le fait qu’ils aient agi en bande organisée, qu’il ait été totalement tabassé, c’est en détaillant tout ce qui s’est passé qu’on se rend compte qu’il a vraiment souffert ». Djamila se demande comment « un homme de 26 ans peut s’acharner sur un gamin de 13 ans. » avant d’évoquer son besoin que les coupables « parlent ». L’adolescente termine par des propos pleins de colère : « Alexandre n’est plus là, c’est à eux de payer, il faut qu’on les fasse souffrir et qu’on se venge. Il faut que justice soit faite ».

Encore des zones d'ombre

Si l’enquête avance à grands pas, elle comporte encore des zones d’ombre, en particulier sur le moment exact de la mort d’Alexandre. Par ailleurs, les enquêteurs peinent à expliquer comment trois adultes, qui ne sont pas tous de marginaux, ont pu avoir connaissance des faits sans intervenir, si ce n’est pour découper le corps de la victime. Le corps démembré de l’adolescent de 13 ans, disparu en juin 2011 à Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, avait été retrouvé quatre mois plus tard dans le Gave, la rivière qui traverse Pau.