Ouverture du procès en appel d'un homme jugé pour violences et viols conjugaux

Le fronton d'une cour d'assises avant un procès. (Illustration) - Jean-Pierre Clatot - AFP
Le procès en appel d'Abdelmoula Zahi, 41 ans, accusé d'avoir régulièrement violé, frappé et menacé de mort son ex-compagne pendant les sept années d'un huis clos conjugal infernal, s'est ouvert mercredi à Evry devant les assises de l'Essonne.
C'est l'accusé qui a demandé à être jugé une seconde fois après avoir été condamné en première instance à dix ans de réclusion criminelle, en janvier 2016, devant la cour d'assises de Seine-et-Marne.
Le 13 septembre 2013, M. Zahi rentre une nouvelle fois ivre au domicile du couple, à Saint-Fargeau-Ponthierry (Seine-et-Marne). Sa compagne est alors insultée, frappée, menacée de mort avec un couteau puis violée. Au milieu de la nuit, alors que l'accusé s'est endormi, elle file au commissariat de Dammarie-les-Lys.
Signalement au juge d'application des peines
Sa plainte s'ajoute à celles déjà déposées à plusieurs reprises contre son concubin depuis le début de leur relation en 2006. Deux procédures avaient débouché, en 2009 et 2010, sur deux condamnations à de la prison ferme, assortie d'un sursis mis à l'épreuve, avec obligation de soins, prononcées par le tribunal correctionnel de Melun.
A la sortie de M. Zahi en octobre 2011, sa compagne accepte son retour, comme après chaque épisode de violences. Les coups reprennent et malgré un appel de la victime au juge d'application des peines, le rapport de fin de suivi de l'accusé par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) ne mentionne aucun incident.
Viols quotidiens
Sous son emprise psychologique, sa femme, isolée et sans confident, n'avait pas le droit de sortir, de se maquiller ou de se vêtir selon ses goûts.
Entendue seule devant la juge d'instruction, elle dénonce les rapports sexuels imposés, que son compagnon nie en bloc, mais édulcore les faits en confrontation : "le mot viol me choque un peu, avec lui l'acte en lui-même était doux".
Le couple entretenait une "relation perverse", selon un expert, qui a pointé "l'extrême fragilité" de la victime, exposée pendant sept ans à "un contexte de vie destructeur et avilissant".
L'accusé risque jusqu'à 20 ans de réclusion. Le verdict est attendu vendredi.












