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Outreau: Dimitri Delay accuse encore Daniel Legrand et d'autres acquittés

BFM la rédaction avec AFP
Daniel Legrand, lors de son procès en juin 2015

Daniel Legrand, lors de son procès en juin 2015 - Damien Meyer - AFP

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"Je l'ai vu abuser de moi", a assuré à la barre Dimitri Delay au sujet de Daniel Legrand. La semaine dernière, les deux frères de Dimitri Delay l'avaient aussi, pour la première fois, désigné comme agresseur.

Dernière semaine de procès. Dimitri Delay, l'une des victimes d'Outreau, a réitéré lundi ses accusations contre Daniel Legrand et d'autres acquittés de l'affaire de pédophilie. Cinq d'entre eux devaient venir témoigner dans l'après-midi au procès de Daniel Legrand, pour des faits non encore jugés. 

"Je sais qu'il était là et je l'ai vu abuser de moi et mes frères, je peux pas vous donner de précisions", a déclaré Dimitri Delay, 23 ans, partie civile à ce procès, qui témoignait pour la première fois.

Il a également réitéré ses accusations contre les acquittés d'Outreau et contre d'autres personnes non mises en cause dans l'affaire: "Je connais (ceux) qui ont agressé, après, je pense pas que c'est les seuls... Je pense pas que c'est une affaire que de région..., le réseau (pédophile, ndlr)".

Dimitri Delay a en outre déclaré que le père homonyme de Daniel Legrand (acquitté aussi) faisait partie de ses agresseurs. Mais il n'a pas su expliquer pourquoi dans son enfance il n'avait cité à son assistante familiale qu'un seul "Dany Legrand" et pas deux. "J'étais petit à l'époque... Ça peut être un prénom, ça peut être un surnom...", a-t-il déclaré au président Philippe Dary.

Dimitri Delay évoque deux meurtres

"Effectivement, personne (à l'époque de l'instruction, ndlr), ne vous a jamais demandé qui était ce 'Dany Legrand en Belgique', c'est dommage, c'est même plus que dommage", a souligné Philippe Dary. Dimitri Delay a aussi évoqué parmi ses souvenirs deux meurtres, celui d'une petite fille - qui avait fait l'objet d'une enquête close par un non lieu en 2007 - mais aussi d'un bébé, qui auraient été tués, "selon ses souvenirs".

Interrogé par Hubert Delarue, avocat de Daniel Legrand, sur les 50 personnes qu'au total il avait désignées comme agresseurs au cours de l'instruction, Dimitri Delay s'est refusé à revenir sur un seul nom: "Tout ce que j'ai dit, je le pense, et je pense que j'ai pas à me justifier de ce que j'ai dit... Désolé si ça répond pas à votre question". Ses frères Chérif, 25 ans, et Jonathan, 21 ans, également partie civile, ont aussi désigné Daniel Legrand fils comme agresseur lors de la première semaine de ce procès entamé le 19 mai, mais de même, sans pouvoir donner de précisions.

Aucun de ces trois garçons n'avait reconnu Daniel Legrand comme agresseur lors des deux premiers procès de l'affaire, en 2004 à Saint-Omer et en 2005 à Paris. Sur les 17 accusés, quatre, dont leurs parents, ont été condamnés pour les avoir violés, et 13 autres furent acquittés, certains après trois années passées en prison.

Chérif admet avoir accusé une infirmière à tort

Un peu plus tôt lundi, Chérif Delay a en revanche clairement reconnu avoir accusé une personne à tort. Une infirmière de 53 ans, dont la fille était scolarisée dans la même école que Chérif et Dimitri Delay alors qu'ils avaient été placés hors de leur famille, avait été mise en garde à vue en mars 2002 suite aux dénonciations de ces enfants. Elle était accusée d'avoir participé, enceinte, à des orgies entre adultes et enfants au domicile des Delay.

Elle a raconté lundi "le choc" de cette garde à vue et de ces accusations. Néanmoins, comme elle habitait à plus de 100 km d'Outreau au moment de sa grossesse et qu'elle n'avait pas du tout alors l'apparence physique que lui prêtaient les enfants, elle ne fut pas mise en examen. Et Chérif Delay, interrogé par le président, a reconnu que ses accusations d'alors étaient fausses. En revanche, Dimitri Delay, qui était dans la classe de l'une des filles de cette infirmière, a maintenu ses accusations.