Nantes: ouverture d'une enquête pour assassinat après le décès d'une victime

Brigitte Lamy, procureure de la république à Nantes, a annoncé l'ouverture d'une enquête pour assassinat. - Georges Gobet - AFP
Un des dix blessés fauchés au marché de Noël de Nantes par un automobiliste lundi soir a perdu la vie, a annoncé François Hollande mardi en début d'après-midi. Selon Brigitte Lamy, procureure de la République, l'homme, âgé de 25 ans, serait mort à cause d'un traumatisme crânien. Une enquête pour assassinat et tentative d'assassinat a été ouverte.
Le conducteur du véhicule, qui a foncé sur la foule lundi soir dans le centre ville de Nantes au volant d'une camionnette blanche, s'est asséné une dizaine de coups de couteau au thorax. L'homme, originaire de Charente-Maritime, est actuellement hospitalisé et n'a pas encore été entendu par la police. Ses jours ne sont pas en danger. Selon la procureure, le conducteur "n'est placé ni sous tutelle, ni sous curatelle". "Il est sans emploi" et "a été condamné en 2006 pour vol et est aussi connu pour des faits de dégradation".
Connu des services de police
"Il s'est fait remarqué récemment par un comportement révélant un certain déséquilibre", a-t-elle précisé. "C'est ainsi qu'il a déposé plainte le 12 décembre dernier contre des membres de sa famille qu'il accuse par exemple de le dénigrer sur Internet." Les gendarmes seraient intervenus chez lui le lendemain, alertés par un feu "dans lequel se consumaient une bétonnière et une tondeuse". Inquiets, il sont passés chez lui la nuit suivante, précise la procureure. "Son état se serait dégradé dans ces six dernières semaines."
Dans la camionnette, un carnet a été retrouvé. "Il y fait état des reproches précédemment faits à sa famille, de sa haine pour la société et du risque d'être tué par les services secrets". L'homme vivait seul et travaillait dans le jardinage. Il avait aussi des "problèmes d'alcoolisme".
"Toute la lumière doit être faite", affirme Valls
Arrivé à Nantes mardi vers 15h30 en compagnie de Bernard Cazeneuve, le Premier ministre a affirmé que "toute la lumière doit être faire pour comprendre ce qui s'est passé" lors de cette attaque. "Les familles des victimes, les victimes elles-mêmes, veulent comprendre évidemment ce qui s'est passé, les circonstances, les motivations de cet individu", a ajouté le chef du gouvernement, après avoir passé près d'une heure en compagnie d'une des victimes et de la famille de l'un des plus touchés. "C'est la solidarité qui doit s'exprimer d'abord à (leur) égard".
Le Premier ministre avait annoncé mardi midi qu'il se rendrait la cité de Loire-Atlantique en compagnie du ministre de l'Intérieur afin d'"être aux côtés des victimes, de leur famille, des autorités municipales, de la maire Johanna Rolland". "C'est une ville qui, après Dijon et Joué-lès-Tours, est particulièrement éprouvée et donc notre présence doit être à leurs côtés", avait ajouté le Premier ministre en sortant d'une réunion à l'Elysée.
Six des dix victimes sont rentrées chez elles mardi matin, après un court passage au CHU de la ville. Quatre, toujours à l'hôpital, se trouvent dans un état grave.
La thèse de l'acte terroriste écartée
Johanna Rolland, la maire de Nantes, s'est elle aussi exprimée sur le drame mardi matin. "Face aux événements dramatiques qui se sont produits ici hier soir, je voudrais à nouveau exprimer toute ma solidarité et mon soutien aux victimes, à leurs proches, et plus globalement à tous les Nantais", a-t-elle déclaré.
Tout le quartier de la place Royale et les rues alentour étant piétonnes, les enquêteurs se demandent comment l'homme âgé de 37 ans a pu accéder à cet endroit. C'est l'un des points que vise à éclaircir l'enquête. La piste d'un acte terroriste a déjà été écartée lundi soir par la procureure Brigitte Lamy, qui estime qu'"on ne peut parler d'acte terroriste" dans ce cas précis. "Aucun propos à connotation religieuse n'a été prononcé par l'individu", a-t-elle précisé mardi.
Le marché de Noël de Nantes a retrouvé une activité normale mardi en milieu de journée, après avoir été maintenu fermé pendant la matinée en signe de solidarité envers les victimes. A Dijon, un homme avait agit dimanche de manière similaire, blessant treize personnes en fonçant dans la foule.












