Mort de Nahel: Élisabeth Borne dénonce une intervention policière "pas conforme aux règles"

Faire redescendre la pression. Après la mort mardi matin de Nahel, un adolescent de 17 ans à Nanterre par un tir de policier suite à un refus d'obtempérer et une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux qui met à mal la version policière, le gouvernement joue la carte de l'apaisement. Devant les sénateurs, Élisabeth Borne a évoqué "sa profonde émotion" tout en pointant du doigt les forces de l'ordre.
Les images "montrent une intervention qui n'est manifestement pas conforme aux règles d'engagement de nos forces de l'ordre", a expliqué la Première ministre, interpellée par le sénateur Pierre Laurent (PCF), ce mercredi après-midi.
"La justice passera, personne ne peut en douter"
L'exécutif s'emploie à calmer le jeu face à la vive émotion qui s'est emparée d'une partie de la classe politique et des célébrités très appréciées, de Kylian MBappé au rappeur Jul en passant par Omar Sy. Emmanuel Macron a lui-même évoqué un geste "inexplicable" et "inexcusable" au troisième jour de sa visite à Marseille.
Le drame a eu lieu à Nanterre ce mardi matin lorsque des policiers ont demandé au conducteur d'une Mercedes jaune qui avait commis plusieurs infractions routières de s’arrêter pour un contrôle.
Selon la version des policiers, le jeune homme a d’abord arrêté son véhicule, avant de redémarrer brutalement en fonçant sur les fonctionnaires. L'un des policiers lui a alors tiré dessus à une reprise. Des images de la scène, diffusées sur les réseaux sociaux, contredisent partiellement cette version, posant dès lors la question de la légitime défense.
"Les policiers ont un devoir d'exemplarité", a encore ajouté Élisabeth Borne, promettant que "la justice passera, personne ne doit en douter".
Pas de remise en cause de la loi qui encadre les tirs de police
Interpellé dans la foulée par le sénateur écologiste Thomas Dossus, Gérald Darmanin a mis ses pas dans ceux de la cheffe du gouvernement, reconnaissant que les images ne "correspondent pas à la loi" qui stipule que "seul un policier en danger de mort" peut tirer.
L'exécutif n'a cependant pas ouvert la porte à une remise en cause de la loi de 2017 sur la sécurité publique. Avec ce texte, les conditions "d'ouverture du feu" des policiers, qui étaient avant soumis aux principes de la légitime défense comme tous les autres citoyens, se sont calquées sur le régime des gendarmes, considéré comme plus souple.
Deux enquêtes IGPN sont actuellement en cours et le policier qui a tiré sur Nahel a vu sa garde à vue prolongée.













