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Mort de Fiona: pourquoi le beau-père est devenu suspect n°1

BFM Mathilde Tournier
Cécile Bourgeon, sa fille Fiona et son beau-père Berkane Maklouf.

Cécile Bourgeon, sa fille Fiona et son beau-père Berkane Maklouf. - -

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La mère et le beau-père de Fiona ont été mis en examen et incarcérés jeudi. Mais les chefs d'inculpation retenus accablent clairement le beau-père. Pourquoi une telle différence? Explications.

Après être passés aux aveux, Cécile Bourgeon et Berkane Maklouf ont été mis en examen et placés en détention provisoire jeudi. La mère et le beau-père de Fiona, portée disparue depuis plus de quatre mois, ont reconnu la mort de la fillette de 5 ans et le scénario qu'ils ont monté ensemble pour le camoufler. Au regard des chefs d'inculpation, Berkane Maklouf apparaît néanmoins comme le principal suspect.

Mis en examen pour "coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", sur mineure de moins de 15 ans et par personne ayant autorité, il fait en effet office, pour la justice, de seul responsable de la mort de la fillette. Des faits criminels passibles de trente ans de réclusion.

Pas de cour d'assises pour la mère

Cécile Bourgeon, elle, est simplement mise en cause pour des faits postérieurs au crime présumé: "non-assistance à personne en danger", "modification d'une scène de crime", "recel de cadavre" (le transport et la dissimulation du corps dans une forêt) et "dénonciation d'un crime imaginaire" (l'enlèvement de la fillette par une autre personne).

De simples délits qui ne la verraient pas, sauf requalification des faits, comparaître avec son compagnon devant une cour d'assises, qui juge les crimes. Dominique Rizet, consultant expert des affaires policières et judiciaires pour BFMTV, indique en outre que le placement en détention provisoire de la jeune femme "ne pourra pas excéder quatre mois", car elle sera pour la première fois confrontée à la justice. Elle devrait donc être remise en liberté avant son procès devant un tribunal correctionnel.

Pas de complicité dans le crime

La position des deux mis en examen diverge: Cécile Bourgeon accuse son compagnon d'avoir porté un coup mortel, tandis que Berkane Maklouf s'en défend, sans pour autant accabler sa compagne ou une tierce personne. Mais pourquoi une telle distinction dans les qualifications? On se souvient que dans des scénarios proches - les terribles affaires Marina et Typhaine -, les parents mis en cause avaient comparu côte à côte dans le box des accusés, et été condamnés conjointement à 30 ans de réclusion.

"En dirigeant la responsabilité des coups mortels sur le seul beau-père, la justice ne définit pas le couple pas comme 'complice'. Elle distingue deux temps: l'acte meurtrier, et ce qui s'est passé après", explique Me Gaël Candela, avocat spécialiste des questions pénales, joint par BFMTV.com. "Selon les chefs d'inculpation, la mère n'est intervenue qu'après."

Pourtant, Berkane Maklouf continue de nier être l'auteur du "coup important" porté à la tête de la petite Fiona dont l'accable sa compagne. Au point de souhaiter "collaborer" pour retrouver son corps - qui, selon son avocat, Me Mohamed Khanifar, "permettra de livrer des informations scientifiques".

Un passé judiciaire qui pèse?

Pour l'avocat du beau-père de Fiona, joint par BFMTV.com, la différenciation des qualifications tient surtout au fait que son client, à l'inverse de Cécile Bourgeon, "possède des antécédents judiciaires" - il a déjà été condamné pour violences - et "une réputation d'impulsivité et de violence". "Il y a aussi le fait que ses aveux à elle sont antérieurs, cela compte", souligne-t-il.

La justice peut-elle encore changer d'avis? "De telles qualifications signifient qu'au vu des éléments du dossier, elle dispose d'indices graves et concordants sur le fait que le beau-père est à l'origine du décès, alors qu'elle n'a pas d'indice selon lequel la mère a participé", analyse Gaël Candela. "Mais rien n'est immuable. En cas de découverte majeure, les faits pourraient être requalifiés."