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Montreuil : des riverains ne veulent pas de Roms dans leur quartier

BFM Tugdual de Dieuleveult avec B. Smadja
Un dizaine de familles roms doit être reloger à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Des habitants s'y opposent.

Un dizaine de familles roms doit être reloger à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Des habitants s'y opposent. - -

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Vous nous l'avez signalé mardi sur RMC. A Montreuil en Seine-Saint-Denis, à l'aube, une trentaine de riverains ont bloqué l'arrivée de matériel sur un chantier destiné à accueillir des Roms. « Une famille étiquetée Roms, ça fait encore peur », disent les associations.

C’est une nouvelle mobilisation citoyenne qui s’est mise en place mardi à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Une poignée d’habitants a formé une chaîne humaine afin de bloquer l’entrée d’un chantier destiné à accueillir une dizaines de logements modulaires « passerelle », pour héberger temporairement des familles Roms en grande précarité. Ces familles vivent à Montreuil depuis de nombreuses années, ont des papiers, un travail pour certains, et des enfants scolarisés. Mais aujourd’hui, elles sont à la rue après l'incendie en 2008 du squat où elles habitaient. Ce chantier, soutenu par la mairie, le Conseil Général et l'Etat, devait démarrer ces jours-ci.

« Des familles dans des conteneurs, ça ne peut pas se passer correctement »

Le démarrage du chantier, c'était sans compter sur la mobilisation des riverains qui ne veulent pas de ces logements qui transformeraient, selon eux, le quartier en « ghetto ». « On nous a assez insulté, traité de racistes. Pourtant, il est tellement évident que de mettre des familles dans des conteneurs de 3 mètres de largeur, ça ne peut pas se passer correctement. Ni pour eux, ni pour nous, et peu importe les populations qui seront-là », confie Chantal qui depuis sa fenêtre observe le terrain sur lequel la mairie veut construire ces logements.

« On va continuer notre opération »

Mardi matin, Chantal et d’autres riverains sont parvenus à faire faire demi-tour aux camions de chantier. La mairie, qui estime le préjudice à 50 000€, ne compte pas abandonner le projet. « On n’est pas là dans l’installation de camps sauvages, estime Daniel Mosmant, adjoint à l'urbanisme qui prévient que ce chantier ira à son terme. « Ce que nous allons faire, c’est continuer notre opération. Il n’y a aucune raison qu’une poignée de personnes se mette en travers d’une politique publique », affirme l’élu. De leur côté, les riverains, eux, sont prêts à redescendre dans la rue pour bloquer le chantier autant de jours que nécessaire. Ils ont déposé un référé devant le Tribunal Administratif de Montreuil pour suspendre le chantier.

« Une famille étiquetée Roms, ça fait peur à certains »

Une démarche que Martin Oliveira, coordinateur de l'association Rues et Cités qui encadre les familles de Roms concernées et soutient donc la réalisation de ce chantier, explique par la crainte. « La grande majorité des familles de ce projet ont des papiers, une activité professionnelle et les enfants sont scolarisés. C’est difficile parfois de faire passer certains projets surtout quand il s’agit de famille étiquetées Roms, ce qui fait un peu peur à certains. Depuis plusieurs années on nous dit : "Ah mais les Roms sont des gens qui ne sont naturellement pas comme nous, ils ne sont pas là pour s’intégrer". Il y a en effet une fantasmagorie autour de la question qui ne facilite pas ce genre de projets quand ils se mettent en place ».