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Mesures pour les Roms : les réactions

BFM La rédaction, avec A. Serres et L. Top
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Mercredi, Jean-Marc Ayrault annonçait la suppression de la taxe pour l’embauche des Roms et un meilleur accès au travail, tout en restant ferme sur le démantèlement des camps. Les associations jugent les mesures « bonnes », mais « insuffisantes ».

Le gouvernement joue l’apaisement après la polémique, cet été, sur les démantèlements des campements roms. Jean-Marc Ayrault tenait en effet mercredi une réunion interministérielle à Matignon, de laquelle sont sorties deux propositions principales. Tout d’abord, le gouvernement veut supprimer la taxe que doivent payer les employeurs s’ils veulent engager un Rom. Pour le moment, ils doivent par exemple payer 713 euros à l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) pour un contrat de plus d’un an. Seconde mesure, la liste des 150 métiers auxquels les Roms ont accès va être élargie « de manière très importante », précise le gouvernement. En contrepartie, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls reste ferme sur le démantèlement des camps : les expulsions continueront si la justice les prononce.

« La suppression de la taxe facilitera l’accès au travail »

Co-fondateur de Romeurope, collectif reçu mercredi à Matignon avant la réunion, Laurent El Ghozi juge que ce sont de « bonnes mesures », même si elles sont insuffisantes. « La suppression de la taxe facilitera l’accès au travail, mais il y a aussi la question de leur logement. Ça passe par des ressources stables et légales évidemment, mais ça ne suffit pas non plus ». Il faut donc prendre en compte « la scolarité, l’accès au droit. Ce que nous continuons à demander, c’est l’accès égal à l’ensemble des droits dont bénéficient les citoyens européens ».

« Il ne reste plus qu’à prier »

« La grande question, ce sont quand même les expulsions, estime le prêtre Arthur Hervet, particulièrement impliqué dans la question des Roms à Lille où il leur distribue des denrées alimentaires tous les midis. La grosse épreuve pour nous, c’est de savoir qu’il y aura une expulsion s’il y a une décision de justice. Mais quelle justice ? Il y a toujours une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Aujourd’hui, il ne me reste plus qu’à prier pour que le cœur des hommes politiques se mette à battre au rythme de l’humanité ».

« Une petite mesurette »

Plus remonté, Yann Lafolie, le président de l’Atelier solidaire qui accompagne au quotidien les Roms de l’agglomération lilloise. « Ce n’est pas acceptable, estime-t-il. On s’attendait à une véritable politique de changement. Il [François Hollande, ndlr] avait annoncé la fin des expulsions sans solution, l’accès au droit commun, c’est-à-dire au travail, au logement, à la santé, à la scolarisation des enfants. Aujourd’hui, on se retrouve avec une petite mesurette, une annonce pour essayer de calmer les choses. On a l’impression que le Parti socialiste hésite et n’a pas envie de froisser ».

Des mesures levées en 2014 au plus tard

Matignon précise que « le gouvernement examinera, après discussions avec les États concernés (Roumanie, Bulgarie), l'hypothèse d'une levée anticipée des mesures transitoires qui restreignent l'accès des Roms au marché du travail français, par rapport aux autres ressortissants communautaires ». Ces mesures, appliquées pour 7 ans maximum depuis l’entrée en 2007 de la Bulgarie et la Roumanie dans l'Union européenne, doivent être levées le 1er janvier 2014 au plus tard.