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Médecins sans frontières dénonce un "harcèlement" policier contre des migrants à Paris

BFM C. B avec Mathias Tesson, Aliénor Adrey
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Alors que chaque nuit des migrants dorment à proximité du centre d'accueil de la porte de la Chapelle à Paris, l'ONG Médecins sans frontières dénonce des violences policières. D'après l'association, les policiers leur confisqueraient notamment leurs couvertures provoquant des cas d'hypothermie.

Le centre humanitaire de Paris, porte de la Chapelle affiche complet. En attendant de pouvoir franchir le porte de ce centre, dans lequel les migrants sont hébergés quelques jours avant d'être réorientés vers d'autres structures d'accueil, beaucoup décident de dormir à proximité.

Mais depuis plusieurs jours, des opérations de police se multiplieraient à proximité de la structure d'accueil, de jour comme de nuit, pour éviter la reconstruction de campements illégaux, comme c'était le cas dans les 18e et 19e arrondissements de la capitale. Mais l'ONG Médecins sans frontières dénonce une forme de harcèlement des policiers à l'encontre des migrants.

"Les violences policières se multiplient depuis une dizaine de jours, notamment dans les quartiers de la Chapelle et de Pajol: les forces de l'ordre réveillent les migrants en pleine nuit et leur confisquent leurs couvertures", déplore l'organisation dans un communiqué

Des faits confirmés par un migrants, qui explique également avoir été victime de violences.

"J'avais une couverture, mais la police me l'a prise. On était en train de dormir, on a été frappé et on a reçu du gaz dans les yeux", raconte cet Afghan. 

Plusieurs cas proches de l'hypothermie

Pour Marie-Elisabeth Ingres, responsable du programme Médecins sans frontières, "il s'agit de rendre invisible les migrants autour du site de la Chapelle, de les disperser et dans le même temps, de leur ôter leurs couvertures", explique-t-elle sur BFM Paris. Avec les températures hivernales et ces confiscations de couvertures, l'ONG présente sur place avec des cliniques mobiles indique avoir recensé huit cas proches de l'hypothermie. 

"Nous avons eu des personnes qu'il a fallu soigner du fait de cette mise en danger (...). Notre alerte, c'est attention, il y a des gens à la rue, c'est déjà un problème et en plus vous leur ôtez les couvertures donc ils meurent de froid", poursuit-elle.

Les syndicats policiers expliquent simplement obéir aux consignes d'évacuation des campements illégaux. "Quand on évacue quelqu'un, on évacue également l'ensemble de ses effets. Si on ne veut pas qu'ils reviennent, et c'est le but recherché par la municipalité, à ce moment-là il faut l'évacuation aussi de leurs effets personnels", explique Luc Poignant, du syndicat SGP-Police.

Bruno Leroux a également réagi dimanche aux accusations de MSF regrettant "ce sport national de mise en cause de policiers" assurant que les policiers procédaient à "de la mise à l'abri de personnes qui sont vulnérables". Le ministre de l'Intérieur a toutefois reconnu qu'il pouvait y avoir une forme de contrainte à mettre à l'abri quelqu'un".