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Maurice Agnelet demande "pardon" à la famille Le Roux

BFM D. N. et M.G. avec AFP
Maurice Agnelet etouré de deux gendarmes, le 10 avril à Rennes.

Maurice Agnelet etouré de deux gendarmes, le 10 avril à Rennes. - -

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Maurice Agnelet, a demandé vendredi matin devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, "pardon" à la famille d'Agnès Le Roux, dont il est accusé de l'assassinat en 1977.

Au dernier jour de son procès Maurice Agnelet a demandé "pardon" vendredi matin à la famille Le Roux, précisant, "pour le mal que j'ai pu leur faire (NDLR: la famille de la victime) par mon attitude, mes propos depuis la disparition incroyable et dramatique d'Agnès". L'homme est actuellement devant les assises d'Ille-et-Vilaine pour l'assassinat de sa maîtresse, Agnès Le Roux, en 1977.

Excuses à sa propre famille

L'accusé, contre lequel ont été requis 20 ans de réclusion criminelle jeudi, a aussi demandé pardon à sa famille qui s'est déchirée à la barre après que Guillaume, l'un des fils Agnelet, a affirmé que ses parents lui avaient confié que son père était l'auteur du meurtre, ce que démentent les autres membres de la famille. "J'ai également eu la conviction pendant ces quatre semaines que je m'étais mal occupé de mes enfants, c'est mon regret le plus important. Je me suis rendu compte que j'avais gâché leur vie et celle de leur mère", a-t-il déclaré. "J'étais obnubilé par cette disparition d'Agnès", a-t-il expliqué.

Bénéficiaire d'un non-lieu en 1985, puis acquitté en 2006, Maurice Agnelet, ex-avocat âgé aujourd'hui de 76 ans, a été condamné en appel à 20 ans de prison en 2007, avant que la Cour européenne des Droits de l'homme estime début 2013 que ce procès n'était pas équitable. Les jurés de la cour d'assises, qui statue en appel, se sont retirés pour délibérer peu avant 9h30. Le verdict est attendu ce vendredi.

"Une posture stratégique"

Si son avocat François Saint-Pierre, a dit sur BFMTV regretter qu'il ne se soit pas expliqué "de façon plus chaleureuse, humaine", il a en revanche assuré qu'en cas de condamnation, "Maurice Agnelet contestera ce verdict". "Nous avons un pourvoi en cassation", a-t-il ajouté. "La parole de Guillaume Agnelet ne peut pas être considérée comme une preuve", a encore martelé Maître Saint-Pierre. "Il n’est pas témoin des faits", rappelle alors l’avocat, selon qui, en accusant son père, Guillaume Agnelet a voulu "tuer le père".

Du côté de la partie civile, le pardon de Maurice Agnelet est perçu comme "une posture stratégique". "C'est une façon de manipuler les jurés pour obtenir son acquittement", a déclaré Jean-Charles Le Roux, le frère d'Agnès, convaincu que sa soeur "a été assassinée par Maurice Agnelet".