Marseille : les habitants des cités vivent « dans la crainte »

Marseille, quartiers nord - -
C’est un comité vraiment exceptionnel qui réunit ce jeudi 11 ministères autour de Jean-Marc Ayrault pour discuter du problème de l’insécurité qui touche la ville de Marseille dans les Bouches-du-Rhône. 11 ministères, dont celui de l’Intérieur, de la Justice en passant par l’Economie ou le Redressement productif sont donc réunis pour tenter de trouver des solutions pour une ville minée par les règlements de comptes. On compte une vingtaine de meurtres dans la région depuis le début de l’année dont 14 pour la seule ville de Marseille. En cause : le trafic de drogue et la délinquance en tout genre, mais aussi un taux de chômage qui dépasse les 40% dans certaines cités des quartiers nord. C'est dire si ce comité interministériel est attendu au tournant à Marseille. En tous cas, la situation sur le terrain, de l’avis de tous, réclame des moyens aussi urgents que massifs.
« On vit dans la crainte »
« Dans la cité, vous sortez, vous rentrez : ils sont là », confie Sabrina qui vit constamment dans « la crainte de se faire voler ou se faire tirer dessus. Il y a des personnes âgées qui ne sortent plus de chez elles après 17h. Elles s’enferment et n’ouvrent à personne, explique-t-elle. Parfois, ils se disputent entre eux et ils veulent se tirer dessus. Moi je n’ai vu ça qu’à la télévision. Mais qu’est-ce que c’est que ça ? On est où ? », s’interroge cette mère de famille.
« New-York l’a fait, pourquoi pas Marseille ? »
« Nous on a des médiateurs, des jeunes à qui on demande de se lever à 7h00 et pas à 7h10. Dès qu’ils sont en retard, on les engueule, on les prépare un peu au monde du travail », assure Kamel Bessah éducateur dans les quartiers nord qui aujourd’hui se sent impuissant face aux dealers et explique qu’à côté de son travail avec les jeunes, « il y a de l’argent facile. 80€ par jour pour des gamins de 12 à 15 ans. Que voulez-vous que l’on rattrape derrière ? Il faut que tout le monde travaille ensemble. Il faut qu’il y ait de la répression et de la prévention. Il faut qu’il y ait des travailleurs sociaux et que tout le monde reprenne sa place. Il va falloir de très très gros moyens mais New-York l’a fait. Pourquoi pas Marseille ? ».












