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Lyon: deux policiers jugés pour avoir agressé deux étudiants

BFM Clarisse Martin avec AFP
Le rappeur Samat dans l'un de ses derniers clips

Le rappeur Samat dans l'un de ses derniers clips - Capture d'écran tirée du clip de "Crime organisé" - Samat et Kalash Criminel / Daymolition

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Les faits s'étaient déroulés en février à Lyon. Les policiers affirment que les étudiants les ont insultés, ce que ces derniers démentent.

Des peines de prison avec sursis ont été requises, vendredi, à l'encontre de deux policiers jugés à Lyon pour des violences commises sur deux étudiants, qualifiées de "gratuites" par le parquet.

"On ne peut pas intervenir à chaud parce qu'on est énervé quand on est policier", a souligné dans son réquisitoire la procureure adjointe Karine Malara.

Parole contre parole

Les faits remontent à la nuit du 21 au 22 février. Deux amis d'une vingtaine d'années rentrent d'une soirée arrosée dans le centre de Lyon quand ils sont frôlés par une voiture de police: l'un d'eux proteste de vive voix.

Les policiers affirment avoir été insultés, ce que les deux jeunes démentent. S'ensuit une intervention au cours de laquelle l'un d'eux tombe après avoir été poussé. Il se relève et reçoit ensuite des coups, selon l'accusation, tandis que l'autre jeune proteste en reprochant aux policiers de s'en prendre à son ami "parce qu'il est arabe", selon leur avocat.

Tandis qu'ils s'éloignent, un policier revient vers eux et fait chuter ce deuxième jeune en pratiquant "une balayette": la chute, lourde, occasionne une fracture du poignet et 90 jours d'ITT.

À la barre, les deux fonctionnaires, âgés de 33 ans, évoquent des gestes "involontaires" de leur part, en réponse à une attitude agressive. Ils affirment en outre avoir déjà été insultés, plus tôt dans la soirée, par l'une des victimes.

Des faits partiellement filmés

"À aucun moment mes clients n'ont dit de parole outrageante, ni eu de geste menaçant", rétorque l'avocat de celles-ci, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, qui dénonce "une expédition punitive" fondée sur "un quiproquo".

En défense, Me Gabriel Versini-Bullara ne veut pas croire, lui, que les deux policiers soient "assez sots et idiots pour se fourvoyer" ainsi dans un quartier "'cafi' (rempli, ndr) de vidéosurveillance".

La scène, en effet, a été partiellement filmée et les images, visionnées par les parties à l'audience, montrent qu'il n'y a "plus de nécessité d'intervention" au moment du balayage, estime la procureure en pointant l'absence d'appel radio ou de procédure.

Deux et quatre mois de prison avec sursis requis

"On est clairement hors cadre", a-t-elle déclaré en réclamant deux et quatre mois de prison avec sursis à l'encontre des fonctionnaires, sans inscription à leur casier judiciaire (volet B2) afin qu'ils puissent continuer à exercer.

Cela tombe bien pour l'un d'eux, qui a récemment réussi les tests pour intégrer la Brigade anticriminalité de Lyon. Le jugement sera rendu le 14 octobre.