BFM

Les prisons ouvertes danoises inspirent des députés français

BFM A. K. avec Anaïs Crouts
placeholder video
Téléchargez la nouvelle application BFM
Six députés de la commission des Lois se sont rendus Danemark pour visiter la prison ouverte de Horserod. Un établissement sans barreaux qui permet une meilleure réinsertion des détenus.

Pas de barreaux aux fenêtres, une bibliothèque confortable, des cuisines communes… Les députés français n'en reviennent pas. Ils sont six, membres de la commission des Lois de l'Assemblée, à s'être rendus au Danemark au début du mois de février, pour visiter la prison ouverte de Horserod, au nord de Copenhague. Objectif de la délégation: aller voir ce qui fonctionne ailleurs, en vue d'un rapport qu'ils remettront mi-mars au gouvernement, avant la présentation du projet de loi de programmation de la justice.

Dans l'établissement, le calme règne. L'ambiance rappelle plus celle d'un centre universitaire que celle d'une prison.

"On n'a pas le sentiment d'être dans une prison, parce que les éléments visuels et sonores d'une prison n'existent pas ici", s'étonne Yaël Braun-Pivet, députée La République en Marche et présidente de la commission des lois.

En dehors des heures de travail et de confinement, les 220 détenus peuvent se déplacer sous surveillance dans l'enceinte de l'établissement. "Si vous essayez de vous évader, vous pouvez être transféré dans une prison fermée", explique Lene Moller-Nielsen, directrice de la prison de Horserod. "Je pense que cela explique pourquoi il y a très peu de tentatives d'évasion."

Un coût moins élevé

Au Danemark, huit prisons sur 13 sont des prisons ouvertes. Elles accueillent des détenus condamnés à des peines inférieures à cinq ans de détention. "Le détenu est placé dans une prison fermée, ensuite dans une prison ouverte et à la fin, peut-être, dans un centre de semi-liberté", détaille Thorkild Fogde, directeur général de l'administration pénitentiaire. L'idée: "réintroduire progressivement l'individu dans la société tout en montrant que la justice a été faite".

Ces établissements coûtent en moyenne 200 euros par jour par détenu, soit une centaine d'euros de moins qu'une prison fermée. Un argument qui intéresse Yaël Braun-Pivet:

"Cette prison a un très bon résultat pour un coût moindre. On pourrait s'inspirer de cette démarche pragmatique", reconnaît elle.

Si la France cherche des exemples à l'étranger, c'est aussi parce que la situation carcérale est dans un état critique. En témoigne par exemple le mouvement de grève inédit des gardiens de prisons au début de l'année, dénonçant les violences à leur encontre ainsi que la surpopulation carcérale.

L'exemple danois pourrait-il inspirer les législateurs? Au Danemark, le taux de récivide est de 24%. En France, "59%,des détenus ont récidivé dans les cinq ans", selon Erwan Balanant, député Modem. Une seule prison ouverte existe: elle se trouve à Casabianda, en Corse, et accueille des délinquants sexuels. C'est de là-bas que Yaël Braun-Pivet, en visite avec la délégation de députés, a appelé à "réinventer le système carcéral". Le rapport de la délégation sera rendu le 21 mars à l'Assemblée.