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La prison de Fleury-Mérogis survolée par un drone

BFM Justine Chevalier
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Illustration - AFP

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La prison de Fleury-Mérogis, plus grand centre pénitentiaire d'Europe, a été survolée le week-end dernier par au moins un drone. Un phénomène en nette augmentation depuis le début de l'année sur l'ensemble de la France.

C'est une situation qui ne cesse de se répéter dans le ciel des prisons françaises. Durant le week-end, la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, a été survolée par au moins un drone. Un événement qui n'a rien d'inédit et qui inquiète le personnel pénitentiaire et la justice. Une enquête a été ouverte par le parquet d'Evry et confiée à la gendarmerie locale.

"Ca ne date pas d'hier, reconnaît Thibault Capelle, secrétaire local du syndicat FO Pénitentiaire. Nous avons plusieurs cas de survols par an mais nous sommes démunis face à ce phénomène." Pointant les risques de "livraison" de stupéfiants ou de téléphones portables, le personnel pénitentiaire redoute le jour où armes ou explosifs pourront être introduits par des drones. 

Vingt survols depuis janvier

La question des survols de prisons par des drones est récurrente ces derniers mois, alors qu'une enquête a été ouverte en août après que deux engins ont été remarqués au-dessus de la prison de Fresnes. Au mois de juillet, après l'évasion du braqueur multirécidiviste Redoine Faïd de la prison de Réau, en Seine-et-Marne, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait indiqué que des repérages auraient "sans doute" été réalisés "par le biais de drones".

"Les prisons sont des sites sensibles qui doivent être sécurisés, insiste Thibault Capelle. Plus le temps avance, plus la technologie avance et nous n'avons pas les moyens de lutter contre ça."

A la Chancellerie, le problème est pris au sérieux, et est devenu une problématique interministérielle sous l'égide de Matignon, assure-t-on. Si un décompte reste délicat, une vingtaine de survols de drones ont été recensés depuis le début de l'année, contre une quinzaine l'année dernière. "Cette montée en puissance des survols correspond à une montée en puissance des drones civils", constate-t-on au ministère de la Justice, rappelant que seules quatre "livraisons" avaient été effectuées par ce biais. Dans les prochains mois, une technologie - des brouilleurs mobiles - sera mise en place dans les établissements les plus concernés. Un marché a été lancé.

"Il faut trouver la solution technique la plus adéquate au terrain qui n'est pas très étendu et où il y a une forte densité", prévient-on à la Chancellerie.