La préfecture du Jura interdit la consommation du protoxyde d'azote sur la voie publique pour trois mois

Le Jura serre la vis sur le protoxyde d'azote. Un arrêté préfectoral a été pris ce mardi 9 décembre pour prohiber jusqu'au 31 mars la consommation, la détention et le transport de cette substance toxique sur la voie publique.
"Nous ne devons pas attendre qu’un drame frappe le Jura pour prendre des mesures", a déclaré le préfet Pierre-Édouard Colliex auprès d'Ici Besançon.
Les services de l'État relèvent "une recrudescence inquiétante chez les jeunes, parfois en dehors de tout contexte festif, accentuant la banalisation de son usage", avec des "comportements anormalement agités" occasionnant des troubles à l'ordre public.
L'acte administratif liste une quinzaine d'interventions de la police recensées sur l'année 2024 et 2025 impliquant la consommation du protoxyde d'azote dans les villes de Lons-le-Saunier et Dole.
Référence au drame d'Alès
L'arrêté mentionne également le récent drame d'Alès où trois jeunes de 14, 15 et 19 ans ont perdu la vie dans un accident de la route. Une semaine après le violent accident les analyses du laboratoire spécialisé ont conclu à un "taux important" de protoxyde d'azote chez le conducteur de la voiture, âgé de 19 ans, a appris BFMTV.
Incolore et légèrement sucré, le protoxyde d'azote, aussi appelé "proto", provoque un effet euphorisant de quelques secondes lorsqu'il est inhalé. Ce produit addictif peut entraîner des troubles neurologiques, cognitifs, cardiovasculaires ainsi que des troubles psychiques graves.
Ici Besançon rappelle qu'avant le préfet du Jura, c'est celui du Doubs qui avait pris un arrêté similaire.
Un texte de loi en examen au Parlement
Selon une note policière que BFMTV s'est procurée ce mardi 9 décembre, l'Office anti-stupéfiant de la police alerte sur "le trafic en expansion" du protoxyde d'azote. Entre janvier et octobre 2025, 1.207 interventions de police liées à ce produit ont été relevées en région parisienne.
La vente de protoxyde d'azote est strictement encadrée par la loi qui en interdit, depuis 2021, la vente auprès des mineurs. La mesure, jugée "insuffisante" par la Ligue contre la violence routière, ne serait pas suffisamment contraignante vis-à-vis des commerçants. Les cartouches de gaz sont, en effet, toujours accessibles aux jeunes dans certaines petites, comme grandes surfaces.
En ce sens, un texte a été adopté en première lecture par l'Assemblée nationale au début de l'année 2025, mais il demeure toujours à la charge des élus locaux de prendre, ou non, les arrêtés permettant de rendre effective l'interdiction.












