La mère de Bastien, mort dans un lave-linge à trois ans, remise en liberté

Bastien, trois ans, avait été puni par son père à cause d'une bêtise à l'école. - François Guillot - AFP
Condamnée à douze ans de prison, après la mort de son fils, enfermé par son compagnon dans la machine à laver qu'il avait mis en marche, Charlène Cotte, 29 ans, a été libérée à la mi-mars, a-t-on appris ce jeudi. En septembre dernier, lors de son procès, elle avait comparu libre après plus de deux ans passé en détention provisoire.
La vie de son jeune fils, Bastien, avait été marquée de souffrance et de coups, jusqu'à la mort du petit garçon, le 25 novembre 2011. Ce jour-là, l'enfant succombe à une punition au domicile familial de Germigny-L’Evêque, en Seine-et-Marne. Son père venait de l'enfermer vivant dans la machine à laver avant de la mettre en marche en mode essorage. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. La mère de l'enfant, elle, a écopé de 12 ans de prison pour "complicité de meurtre aggravé".
A la mi-mars, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Paris a répondu favorablement à la demande de libération de mise en liberté de l'accusée, Charlène Cotte. Pour justifier cette décision, un magistrat explique au Parisien que la chambre a "forcément appliqué des critères objectifs", citant l'absence de risque de récidive, celle de trouble à l'ordre public, et le fait de présenter des garanties de représentation.
"Sa haine a été plus forte que ma force"
Depuis sa libération, Charlène Cotte vit chez sa mère, Evelyne, indique Metronews. Ayant fait appel de sa condamnation en première instance par la cour d'assises de Seine-et-Marne, la jeune mère espère être un jour blanchie de ces accusations. Au moment de son procès, elle déclarait à BFMTV: "C’est mon fils, j’ai toujours tout fait pour le protéger. Quand mon ex le frappait, après c'est moi. Ce jour-là je n’ai pas pu. Sa haine a été plus forte que ma force, je n’ai pas pu l’en empêcher."
Pourtant, les premiers éléments de l'enquête ont montré que Charlène Cotte avait couvert le crime. Le 25 novembre 2011, son compagnon, Christophe Champenois avait appelé les secours. Il avait expliqué que le petit garçon était tombé dans l'escalier et qu'il avait voulu lui donner un bain dans lequel il se serait noyé. A ce moment-là, Charlène avait accrédité la version de son compagnon en déshabillant son fils pour le placer dans la baignoire.
Condamnable sur le plan moral
C'est la soeur de Bastien, Maud, âgé de 5 ans au moment des faits qui a livré la terrible histoire. Christophe Chapenois avait placé leur fils dans la machine à laver pour le punir d'une bêtise que l'enfant avait faite à l'école. A ce moment-là, la mère faisait un puzzle avec sa fille, dans la pièce voisine. "Il y avait un rapport d’autorité, de terreur, des comptes à rendre tous les jours", a tenté de justifier l'avocat de Charlène Cotte, Me Gérard Zbili.
Au cours du procès, l'avocat général de la cour d'assises de Seine-et-Marne avait expliqué que sur le plan moral, la jeune femme était condamnable, mais pas forcément sur le plan du droit. Il avait alors requis cinq ans de prison à son encontre pour le chef d'accusation de "violences", mais n'avait pas retenu la "complicité de meurtre". La date du procès en appel de Charlène Cotte n'a pas encore été fixée.












