L'immolation par le feu, "un geste extrême pour faire parler de soi"

L'immolation par le feu est geste considéré comme "extrême" par les psychiatres (photo d'illustration) - -
La série noire est impressionnante : en deux jours, pas moins de cinq personnes se sont immolés ou ont voulu s'immoler par le feu en France.
Il y a d'abord eu le suicide d'un chômeur en fin de droits, à Nantes. Puis un sans-abri à Beaune, maîtrisé avant de passer à l'acte. A Saint-Ouen, ensuite, un homme de 49 ans s'est brûlé jusqu'au second degré. En Savoie, un gérant de magasin s'est gravement brûlé sur le parking de l'entreprise. Et enfin à la Rochelle, un adolescent de 16 ans, sauvé à temps par ses camarades.
"C'est un acte de désespoir total, extrêmement douloureux, et extrêmement rare. Les hommes en viennent généralement à la pendaison, tandis que les femmes passent par des médicaments", indique Gérard Lopez, psychiatre.
Effet fatal de contagion
Ce geste extrême de revendication traduit la volonté de mourir en martyr, en exposant à la société une détresse et un sentiment d'injustice, comme l'explique le psychiatre. "Quand on est desespéré et qu'on a un message à faire passer, on sait que si on vient à l'immolation, les médias parleront de notre geste."
Problème : la médiatisation recherchée par l’immolation peut vite conduire à un phénomène de contagion, ce qui pourrait expliquer ces cinq cas suivis en deux jours seulement.
Une explication qui semble d'ailleurs avoir été donnée par le jeune adolescent de 16 ans qui s’est immolé vendredi dans son lycée à La Rochelle. Il aurait affirmé avoir voulu reproduire l’immolation de l'homme mercredi devant le Pole emploi de Nantes.












