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"Je demande pardon": les regrets de Monique Olivier lors du dernier jour de son procès

BFM Manon Aublanc
Croquis d'audience de Monique Olivier lors de son procès à la cour d'assises de Nanterre, le 5 décembre 2023

Croquis d'audience de Monique Olivier lors de son procès à la cour d'assises de Nanterre, le 5 décembre 2023 - Benoit PEYRUCQ © 2019 AFP

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Après trois semaines de procès, le verdict de la cour d'assises des Hauts-de-Seine qui juge Monique pour complicité dans les enlèvements et meurtres de Marie-Angèle Domèce, de Joanna Parrish et d'Estelle Mouzin, est attendu ce mardi après-midi.

"Je demande pardon" aux familles des victimes. C'est par ces derniers mots que Monique Olivier, ex-épouse du violeur et tueur en série Michel Fourniret, a clos son procès ce mardi 19 décembre.

Elle est jugée pour complicité dans les enlèvements et meurtres de Marie-Angèle Domèce, de Joanna Parrish et d'Estelle Mouzin. L'accusée a pris la parole une dernière fois, ce mardi matin, avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. Le verdict est attendu dans l'après-midi.

"Je confirme ce que j'ai dit et je regrette tout ce que j'ai fait. Je demande pardon à la famille des victimes tout en sachant que c'est impardonnable ce que j'ai fait", a déclaré Monique Olivier.

Depuis trois semaines, Monique Olivier comparaissait seule devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine, pour répondre de son rôle dans ces trois crimes vieux de 35, 33 et 20 ans, pour lesquels son ex-mari était aussi mis en examen. Mais Michel Fourniret est décédé en détention en mai 2021.

"Il ne faut jamais abandonner"

Lundi, le parquet a requis contre l'accusée la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans, "au vu de la gravité exceptionnelle des faits commis, de la nécessaire protection de la société".

"C'est un peu tôt pour l'apaisement, il faudra attendre la peine. Mais oui, c'était essentiel pour eux qu'elle reconnaisse les faits. Cette façon de demander pardon, c'est aussi une façon d'avouer", a réagi Corinne Hermann, avocate de la famille de Marie-Angèle Domèce, après les derniers mots de Monique Olivier.

Pour Didier Seban, l'avocat des familles d'Estelle Mouzin et de Joanna Parrish, ce procès démontrer également l'importance du pôle cold case de Nanterre, "dont Sabine Khéris nous a dit qu'il était un peu le pôle de Marie-Angèle, de Joanna et d'Estelle, il est là pour montrer qu'il ne faut jamais abandonner, jamais baisser les bras".

"Ce sont sûrement les crimes les plus anciens à être jugées devant un tribunal, mais on a une accusé qui peut répondre de ces faits, qui peut s'expliquer, qui va être condamnée", a ajouté Didier Seban.

"Une complémentarité criminelle absolue"

Âgée de 75 ans aujourd'hui, elle est jugée pour complicité dans les enlèvements, assortis de viol ou tentative de viol, et meurtres de deux jeunes femmes: Marie-Angèle Domèce, 18 ans en 1988, et Joanna Parrish, 20 ans en 1990. Elle comparaît également pour complicité d'enlèvement et de séquestration suivis de mort au préjudice d'Estelle Mouzin, 9 ans, la plus jeune des victimes de Michel Fourniret, disparue en janvier 2003.

Pour l'accusation, Monique Olivier a mis en confiance Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish en sachant qu'elles allaient droit à la mort et a choisi de se taire pendant 16 ans sur la disparition d'Estelle Mouzin. 

"Quand il y a un passage à l'acte, elle est celle qui suit et obéit à Michel Fourniret en pleine connaissance de cause", a insisté Stéphanie Pottier, une des avocates générales. 

"Elle a la capacité de fuir, de ne pas être une complice active, de sauver ses victimes et de le dénoncer; mais elle ne fait pas ces choix", a martelé Stéphanie Pottier. Selon elle, Monique Olivier "a tiré un grand bénéfice de sa vie avec Michel Fourniret". "C'est une équipe meurtrière, un couple qui présente une complémentarité criminelle absolue", selon elle.