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Interpellation musclée: l'auteur de la vidéo dément la version de la SNCF

BFM Marie-Caroline Meijer
Le jeune homme a été maîtrisé brutalement par les agents de la police ferroviaire

Le jeune homme a été maîtrisé brutalement par les agents de la police ferroviaire - So Nkoukouta

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Les versions des faits diffèrent après la diffusion d'une vidéo d'à peine onze secondes qui a choqué de nombreux internautes. On peut y voir l'interpellation violente d'un jeune homme noir, jeudi dernier à la gare d'Ermont-Eaubonne, dans le Val-d'Oise.

Visionnées plus de 800.000 fois sur Facebook, ces images montrent un usager maintenu brutalement par deux agents de la police ferroviaire de la SNCF.

Jeudi soir, peu après 22 heures en gare d'Ermont-Eaubonne dans le Val-d'Oise, des agents de la SNCF effectuent un contrôle des titres de transport. Puis arrive le tour d'un jeune homme qui n'en possède pas.

Deux versions des faits s'opposent

A partir de ce moment-là, les versions des faits diffèrent. Du côté de la SNCF, les hommes de la police ferroviaire auraient suivi la procédure habituelle et n'auraient fait que répondre à un accès de violence du contrevenant.

"Les agents ont commencé à dresser un procès-verbal comme ils le font toujours mais la personne n'a pas présenté de pièce d'identité et a décliné trois identités différentes. Alors la police ferroviaire a été appelée comme c'est le cas lorsqu'on a besoin de faire le formulaire pour la prise d'identité", rapporte la compagnie ferroviaire.

Le frère du jeune homme serait alors intervenu. "La personne dont on voulait contrôler l'identité est remontée dans le wagon et les agents ont tenté de le faire sortir. C'est là qu'il a agressé violemment et mordu l'un d'eux", assure la SNCF qui précise qu'une plainte a été déposée par l'un des agents.

"Ils étaient presque en train de l'étrangler"

Mais pour So Nkoukouta, l'auteur de la vidéo et témoin de la scène, "la morsure n'est intervenue qu'au bout de quelques minutes de combat". Pour lui, c'est un cas de brutalité policière:

"Les agents lui faisaient une clef au cou et étaient presque en train de l'étrangler", raconte-t-il. Face à la violence de la scène, il décrit une quinzaine de passagers "pétrifiés", qui n'ont pas eu le "courage" d'intervenir.

So Nkoukouta affirme par ailleurs posséder la vidéo intégrale. Néanmoins, il explique attendre avant de la publier, préférant d'ici là s'entretenir avec des associations de lutte contre le racisme et les violences policières.

Depuis la diffusion des images sur les réseaux sociaux, il indique également avoir reçu des messages de menaces.

Cette scène de onze secondes a choqué les internautes dont certains ont établi un parallèle avec l'affaire Adama Traoré, le jeune homme noir décédé le 19 juillet dernier dans des circonstances troubles à la suite de son interpellation par des gendarmes.

Un parallèle que la SNCF n'apprécie visiblement pas, estimant que l'on tente d'établir "une passerelle" orientée "lutte contre le racisme" entre deux affaires qui n'ont "rien à voir".