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"Il était intouchable": le témoignage d'une ex-salariée d'Assu 2000 qui accuse Jacques Bouthier

BFM Salomé Robles
Jacques Bouthier a démissionné de son poste de PDG d'Assu 2000 mardi 24 mai 2022, après sa mise en examen pour traite d'êtres humains et viols sur mineure

Jacques Bouthier a démissionné de son poste de PDG d'Assu 2000 mardi 24 mai 2022, après sa mise en examen pour traite d'êtres humains et viols sur mineure - BFMTV

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Dans un entretien accordé au Parisien, Samira, 29 ans, raconte le harcèlement sexuel qu'elle aurait subi de la part de son ancien patron et l'indifférence de ses supérieurs face à la situation.

L'ex-PDG du groupe Assu 2000 a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire. Pourtant, l'affaire Jacques Bouthier est loin d'être terminée. Alors que le riche homme d'affaires est mis en examen notamment pour "traite d'êtres humains mineurs, viols sur mineurs et participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un enlèvement ou une séquestration en bande organisée", il est également sous le coup d'une enquête pour des faits de harcèlement sexuel dans des succursales de Tanger, au Maroc.

Dans ce cadre, Samira, ex-attachée commerciale au sein de la société qui a déposé plainte contre Jacques Bouthier, a été auditionnée ce mardi et s'est confiée auprès du Parisien.

"Un regard d'obsédé"

"Chez Assu 2000, Jacques Bouthier, c’était Dieu, il était intouchable", raconte-t-elle.

Lorsque la jeune femme, aujourd'hui âgée de 29 ans, rencontre Jacques Bouthier, elle découvre très vite son comportement. Le patron enchaîne les remarques physiques et déplacées à son égard. "Il me déshabillait du regard, il avait un regard d'obsédé", explique-t-elle.

Fin 2020, au téléphone, il lui fait des avances insistantes qu'elle décline. "Il me répond, comme une évidence, qu'alors, je dois lui trouver 'une petite sœur ou une cousine', et qu'il me fera 'un beau cadeau'", confie Samira au Parisien. Pendant plusieurs mois, elle dit avoir été victime d'un harcèlement par messages.

Licenciée pour faute

Sur son lieu de travail, les agissements de Jacques Bouthier semblent connus de tous. "J'avais entendu dire (...) qu’il ne fallait pas y prêter attention", poursuit la jeune femme. En effet, elle en parle à ses supérieurs mais rien ne se passe.

Toutefois, la situation n'est pas sans conséquence. Alors qu'elle demande à évoluer dans son entreprise, on lui répond que "Jacques n'est pas content". "J'ai compris que je n'avais aucun avenir dans cette société si je ne cédais pas, que j'étais mise au placard, à 26 ans", déplore-t-elle.

Elle recroise le chemin de Jacques Bouthier en mars 2022, lors d'un voyage d'entreprise au Panama. Là, le harcèlement continue, raconte-t-elle. "Quand j'ai compris qu'il ne lâcherait jamais, j'ai craqué, j'ai consulté une psy qui m'a mise en arrêt de travail", confesse Samira.

"J'ai commencé à déprimer, à avoir des idées noires…", ajoute-t-elle.

Samira raconte avoir été menacée par ses supérieures pour ne pas qu'elle dépose plainte contre le PDG de l'entreprise. Après des mois d'arrêt maladie, elle est finalement licenciée pour faute, "prétextant un abandon de poste", explique-t-elle.