Colère des policiers à Marseille: quelles conséquences pour les citoyens?

Depuis vendredi à Marseille, des citoyens se retrouvent face des commissariats de la ville qui affichent portes closes. En cause, la mobilisation des forces de l'ordre après le placement en détention provisoire d'un de leurs collègues pour avoir gravement blessé un jeune homme de 21 ans lors des émeutes.
Pour protester contre cette incarcération, le syndicat Unité-SGP Police FO a appelé, dans un communiqué "tous les policiers du territoire national à se mettre en 562 dès maintenant". Autrement dit, assurer un service minimum.
Ce code signifie que "les policiers sont en service, mais pas sur le terrain", a souligné Jean-Christophe Couvy à Franceinfo en parlant de "position d'attente-pause". Les fonctionnaires, mis en retrait, ne sortiront du commissariat que si on les appelle.
"Ils ne satisferont pas la politique du chiffre"
Ils ne travailleront pas "sur initiative", explique Bruno Bartoccetti, le secrétaire général SGP FO Police Sud. "Ils ne satisferont pas la politique du chiffre." Les missions traditionnelles, telles que les patrouilles, les interventions, ne seront plus renseignées et affecteront ainsi les statistiques.
"On répond aux appels du 17. On reste là pour répondre aux appels des citoyens, et assurer la protection des personnes", ajoute-t-il.
Concrètement, un appel pour un cambriolage ou une agression sera pris en charge et fera l'objet d'une intervention. "Par exemple, les contrôles routiers ne seront pas assurés. En revanche, pour toute infraction qui représente un danger, comme un automobiliste ivre à son volant, on agira", détaille le syndicaliste.
Les plaintes refusées
Les plaintes sont quant à elles la plupart du temps refusées. Un étudiant, souhaitant déposer plainte pour s'être fait voler son téléphone, a été éconduit par un commissariat dans le centre-ville de Marseille, comme le montre TF1 dans son 13h.
"Pour les plaintes non urgentes, on juge qu'il est possible de se déplacer dans un autre commissariat ouvert", déclare Bruno Bartoccetti.
Outre le code 562 suivi par certains policiers, des centaines de fonctionnaires ont eu recours à des arrêts maladie. Une situation, "difficile à quantifier", qui est également plus compliquée à gérer, entraînant des commissariats en situation de sous-effectif.
"Certains policiers sont rappelés sur leur jour de repos pour compenser, note le syndicaliste. Ces arrêts-maladies interviennent dans un contexte de burn-out collectif."












