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Gers: relaxe de quatre personnes jugées pour le harcèlement d'une lanceuse d'alerte

BFM T.P. avec AFP
La balance de la justice.

La balance de la justice. - LOIC VENANCE / AFP

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La lanceuse d'alerte avait dénoncé, en 2013, des mauvais traitements au sein d'un centre d'accueil du Gers.

Un dirigeant et trois salariés d'un centre d'accueil pour enfants handicapés, jugés pour le harcèlement d'une lanceuse d'alerte qui avait dénoncé des mauvais traitements au sein de l'établissement du Gers, ont été relaxés jeudi par le tribunal d'Auch.

En 2013, Céline Boussié, aide médico-psychologique de cet IME situé à Condom, dans le Gers, avait révélé publiquement des mauvais traitements infligés aux enfants résidant dans le centre.

Lors du procès qui s'était tenu le 8 septembre au tribunal d'Auch, elle avait dénoncé un harcèlement basé sur des propos agressifs, des agissements punitifs, du favoritisme à ses dépens.

Le procureur de la République avait alors évoqué un "raid numérique" sur un groupe Facebook baptisé "vérité Moussaron", où des documents personnels la concernant, ainsi que des messages injurieux, avaient été publiés.

Il avait requis contre le directeur adjoint de l'Institut médico-éducatif (IME) Moussaron six mois de prison avec sursis, des peines de deux mois de prison avec sursis contre deux employés et une amende avec sursis pour le quatrième prévenu.

L'avocate de la plaignante ne comprend pas

À la suite de cette relaxe, l'avocate de Céline Boussié, Maître Alma Basic, s'est déclarée "fortement étonnée" face à "des motivations des juges en contradiction avec les éléments matériels".

"Les juges parlent de faits insuffisamment caractérisés alors que Céline Boussié avait fait des captures d'écran transmises aux gendarmes", a-t-elle regretté, évoquant des "appels à exercer des violences physiques" sur le réseau social.

Un reportage diffusé dans l'émission Zone interdite, sur M6, avait montré des enfants attachés, des lits trop petits, des enfants enfermés. Mme Boussié avait également dénoncé l'enfermement d'une jeune fille pendant 10 jours, et des coups portés aux enfants.

Poursuivie en 2015 pour diffamation après avoir dénoncé dans les médias les conditions d'accueil des enfants handicapés dans l'IME Moussaron, elle avait été relaxée en 2017.

Dans un rapport fin 2013, l'Agence régionale de santé (ARS) avait constaté de "graves dysfonctionnements" dans les conditions d'installation et de fonctionnement" de cet IME pour enfants atteints de lourds handicaps et dénoncé des "violences institutionnelles".

L'établissement avait alors été placé sous tutelle. Le procureur de la République d'Auch a dix jours pour faire appel.