Fiona: la mère mène-t-elle les enquêteurs en bateau?

Cécile Bourgeon le 17 mai 2013 dernier lors d'une reconstitution, entre son avocat Gilles-Jean Portejoie (g.) et le procureur Pierre Sennès (d.). - -
Les enquêteurs attendaient beaucoup des nouvelles recherches engagées jeudi pour retrouver le corps de la petite Fiona. Les éléments apportés mardi par Cécile Bourgeon, la mère de la fillette, leur avaient permis de restreindre leur zone de recherches au sein d'une vaste étendue boisée près de Clermont-Ferrand. Mais les quatre heures passées sur place n'ont rien donné.
Se montrant désorientée, la mère de Fiona a pour la deuxième fois été incapable de situer, une fois sur place, l'endroit exact où elle a avoué, avec son compagnon, avoir enterré sa fille de 5 ans. "Elle a donné le meilleur d'elle-même", a déclaré à l'issue des recherches son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie. "Mais elle ne parvient pas à se remémorer l'endroit précis".
Toxicomane, Cécile Bourgeon est, comme son compagnon Berkane Maklouf, actuellement sous traitement de substitution. Lors de ses aveux, le 25 septembre dernier, le couple était resté très évasif sur l'endroit où se trouvait le corps de Fiona, affirmant ne pas se souvenir exactement où ils l'avaient caché.
"Pas très sérieux"
Mais aujourd'hui, la parole de Cécile Bourgeon est plus que jamais en question. Il y a deux semaines, une première journée de recherches consécutive à ses déclarations n'avait rien donné. "La première fois, ne pas s'en souvenir - pourquoi pas? La seconde fois, ça n'apparaît pas très sérieux", pointe Dominique Rizet, consultant expert police-justice pour BFMTV.
Pour les enquêteurs, retrouver le corps de la petite Fiona reste une nécessité absolue pour déterminer les causes de sa mort. Or ces causes divergent, selon les versions données par Cécile Bourgeon et par son compagnon Berkane Maklouf. Elle, accuse son compagnon d'avoir frappé la fillette, le soir du 11 mai. Lui, parle d'un "incident domestique".
Vrais trous de mémoires ou nouveaux mensonges? Le passif de Cécile Bourgeon pèse en faveur des soupçons: avant de révéler la mort de Fiona lors de sa garde à vue fin septembre, elle et son compagnon avaient fait croire pendant quatre mois à une disparition de la fillette dans un parc de Clermont.
Deux coups d'épée dans l'eau
Après ses aveux, rappelle Dominique Rizet, Cécile Bourgeon avait dans un premier temps "donné des éléments précis sur des villages, des lieux qu'elle avait traversés. C'est pour cela que les recherches s'étaient concentrées près du lac d'Aydat".
Mardi, de nouvelles révélations plus précises avaient permis à la fois de restreindre et de déplacer la zone de recherches. Au juge, la jeune femme de 26 ans avait "donné des éléments plus précis: un sentier de randonnée, un arbre qu'elle avait décrit...", précise Dominique Rizet.
De quoi, aujourd'hui, laisser les enquêteurs sceptiques après ce nouveau coup d'épée dans l'eau. "Si une troisième fois, elle dit aux enquêteurs: 'je pense que c'est ici', je ne suis pas sûr qu'on l'extraira de nouveau de détention pour recommencer une journée comme celle-ci", indique l'expert.
Berkane Maklouf entendu vendredi
Son compagnon, Berkane Maklouf, doit pour sa part être entendu vendredi. Mais jusque là, l'homme a donné peu d'éléments sur le lieu où le couple a enterré Fiona. "Il ne conduit pas. Dans la voiture, le jour où le corps a été conduit à l'endroit qu'on cherche encore, il était le passager", souligne Dominique Rizet. "Quand on est passager, c'est encore plus compliqué de se souvenir d'un trajet que quand on est conducteur".












