BFM

Évasion à Rennes: comment sont encadrées les sorties de détenus?

BFM Sylvain Allemand
Un détenu s'est évadé, ce vendredi 14 novembre, alors qu'il bénéficiait d'une permission pour une sortie encadrée au planétarium de Rennes (Photo d'illustration)

Un détenu s'est évadé, ce vendredi 14 novembre, alors qu'il bénéficiait d'une permission pour une sortie encadrée au planétarium de Rennes (Photo d'illustration) - Thomas Samson - AFP

Téléchargez la nouvelle application BFM
Un détenu est activement recherché depuis son évasion à Rennes, ce vendredi 14 novembre, lors d'une sortie collective au planétarium. Quelques jours après cet événement, l'encadrement de ces activités proposées aux détenus pose question.

Un détenu, âgé de 37 ans, s'est évadé, ce vendredi 14 novembre, alors qu'il bénéficiait d'une permission pour une sortie encadrée au planétarium de Rennes. Né en 1988, il a échappé à la vigilance des trois accompagnateurs lors de cette sortie organisée avec cinq autres détenus au centre culturel des Champs Libres, dans le centre-ville rennais, à l'occasion de la Fête de la Science.

Selon Gérald Darmanin, ministre de la Justice, l'homme, activement recherché, était connu pour avoir déjà participé à une évasion. Sa présence à une activité en dehors de la prison pose donc question à la vue de son profil.

Des critères bien précis de sélection

Organisées pour favoriser la réinsertion, les permissions de sortie n'excédant pas la journée peuvent être accordées pour qu'un prisonnier puisse se présenter à un entretien d'embauche ou à un examen. Elles peuvent aussi être mises en place pour que le détenu puisse se rendre dans une structure de soins ou pour qu'il puisse participer à des activités culturelles ou sportives organisées.

Les sorties, comme celle organisée à l'occasion de la Fête de la Science, concernent uniquement les personnes condamnées de manière définitive, selon le code de procédure pénale. Des activités collectives qui résultent normalement d'un long processus de sélection comprenant plusieurs étapes.

Dans un premier temps, il incombe au chef de bâtiment de faire un premier tri dans les détenus souhaitant participer à l'une de ces activités. Pour ce faire, le responsable se base sur le comportement en détention des candidats.

 Détenu évadé : faut-il arrêter les sorties pédagogiques ? - 18/11
Détenu évadé : faut-il arrêter les sorties pédagogiques ? - 18/11
11:26

Le service pénitentiaire d'insertion et de probation regarde de son côté les démarches engagées par le détenu en matière d'études ou de recherches d'emploi. À noter que la durée de la peine est aussi prise en compte.

Pour évaluer la volonté des détenus à se réinsérer dans la société, le service pénitentiaire d'insertion et de probation regarde de son côté les démarches engagées par les prisonniers volontaires pour la sortie en termes d'études ou de recherches d'emploi.

Enfin, c'est le juge d'application des peines, après avoir entendu le parquet et l'administration pénitentiaire, qui tranche.

"Les instructions (...) pas respectées"

Dans le cas de Rennes, la sélection d'un détenu déjà connu pour une tentative d'évasion en 2024 fait grincer des dents l'exécutif. Selon les informations de BFMTV, celle-ci s'était produite lors d'une permission de sortir.

"Quand quelqu'un qui a déjà connu une évasion, est encore sélectionné par un chef d'établissement pour participer à une activité comme celle-ci et s'évade, je pense que les instructions n'ayant pas été respectées, il faut prendre un certain nombre de mesures", a déclaré le garde des Sceaux avant d'annoncer que le directeur de la prison de Rennes allait être sanctionné.

L'homme recherché avait fait une demande d'aménagement de peine qui devait être examinée avant la fin de l'année.

Dans ce cadre, une juge d'application des peines du tribunal judiciaire de Rennes l'avait rencontré et avait estimé que, pour préparer son aménagement, il pouvait participer à cette sortie au planétarium de Rennes.

Des consignes difficilement "applicables"

Depuis le 31 octobre et une directive ministérielle, les activités collectives hors des murs de la prison doivent être automatiquement encadrées par des agents pénitentiaires. Une consigne qui n'a pas été respectée dans le cas de l'évasion de Rennes, au grand dam du garde des Sceaux.

"Nous n'avons plus assez de personnel pénitentiaire et nous débordons de détenus. La conséquence très concrète, c'est que ces consignes sont difficilement applicables", justifie à BFMTV, Flavie Rault, secrétaire générale du Syndicat national des directeurs pénitentiaires.

En août, la prison de Rennes avait fait polémique autour d'un stage de surf à Saint-Malo à visée thérapeutique. Il avait fini par être annulé à cause de la controverse.