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Eric Morvan: "L'arme la plus efficace contre le terrorisme c'est le renseignement"

BFM Samuel Auffray
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Le directeur général de la police nationale, directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve en novembre 2015, estime que la France est "montée en gamme" face au terrorisme mais aussi sur "la menace est toujours très élevée".

"Très vite on prend conscience de ce qui se passe, d'une attaque multi-sites", se souvient Eric Morvan, patron de la police nationale en 2017 et directeur de cabinet de Bernard Cazeneuve au ministère de l'Intérieur en novembre 2015 lors des attentats du Bataclan, des terrasses et du Stade de France. "Deux ans plus tard, la menace est toujours très élevée" car "l'appareil de propagande de Daesh" perdure malgré les défaites militaires essuyées en Syrie, assure-t-il lundi sur BFMTV et RMC.

Même si "nous sommes montés en gamme" en terme de renseignement - l'arme la plus efficace contre le terrorisme" - "on est entré dans une autre ère du terrorisme". "Avant le 13-Novembre, les attentats étaient dirigés contre des cibles religieuses, professionnelles (...) On pouvait avoir l'idée d'être à l'abri si on ne faisait pas partie de ces cibles", poursuit Eric Morvan.

Le directeur général de la police nationale est aussi revenu sur les conditions de travail des policiers alors qu'"il y a en moyenne 43 policiers qui mettent fin à leurs jours chaque année". Il juge aussi que "chez les policiers, on a du mal à avouer sa fragilité, ses faiblesses, son mal-être". Le rythme de travail est régulièrement mis en cause, notamment le manque de repos. 

Une enquête et ses "zones d'ombre"

Deux ans après les attaques de Paris et de Saint-Denis dans lesquelles 130 personnes ont été tuées, la France va leur rendre hommage. Emmanuel Macron participera à cette cérémonie souhaitée intime par les familles des victimes.

Les juges et enquêteurs sont en charge d'une affaire "tentaculaire". Deux ans après les attentats du 13-Novembre, qui ont coûté la vie à 130 personnes, il reste des zones d'ombre dans cette enquête. Des arrestations et des mises en examen pourraient également intervenir pour apporter "des clés de lecture", assurait d'ailleurs vendredi dernier François Molins, le procureur de la République de Paris. Mais la justice a désormais une vision claire de l'organisation de la cellule terroriste qui est passée à l'acte sur le sol français il y a deux ans.