Elles affirment avoir été manipulées par un ami: verdict attendu en Turquie pour deux Françaises accusées d’avoir transporté de la drogue

Deux jeunes Françaises détenues depuis dix mois en Turquie, accusées d'avoir transporté près de 25 kilos de cannabis depuis la Thaïlande, devraient être fixées sur leur sort, ce mardi 23 décembre, pour leur deuxième comparution devant la justice.
Ibtissem B., 22 ans, et Mariam N., 23 ans risquent de sept à douze ans de prison, selon l'un de leurs avocats qui s'attend à leur condamnation lors de cette deuxième audience, a-t-il confié lundi à l'AFP.
Les deux jeunes femmes ont été arrêtées le 28 février lors d'une escale à Istanbul avec deux valises contenant 30 kilos de cannabis au total, dont deux fois 12 kilos de substance active, a détaillé l'avocat de Mariam N., Umut Alikosiflu. Elles sont depuis détenues dans la plus grande prison de Turquie, à l'ouest d'Istanbul.
"Deux vraies naïves"
Lors de la première audience de leur procès en septembre, elles avaient affirmé avoir été manipulées par un de leurs amis, Taeric O., et un complice de celui-ci qui leur aurait confié à Bangkok deux valises à remettre en Belgique à la mère de Taeric O. Selon "Inès" (prénom d'emprunt), la tante d'Ibtissem B., Taeric O., "un ami d'enfance", est en prison à Amiens (nord de la France) ce que les deux femmes ignoraient.
"Ce sont deux vraies naïves, deux gamines qui se sont fait avoir", a-t-elle affirmé à l'AFP.
Il leur avait fait miroiter un séjour luxueux en Thaïlande, billets d'avion, hôtel et tous frais payés et devait les rejoindre - ce qu'il n'a jamais fait et pour cause. "Si elle m'avait prévenue, je l'aurais dissuadée évidemment" confie encore "Inès" lundi par téléphone.
Devant les juges en septembre, les deux jeunes femmes se sont contredites sur plusieurs points, Mariam N. soutenant notamment que seule Ibtissem B. était en contact avec l'homme qui leur a remis les valises. "Je n'ai jamais rencontré ce garçon et je n'étais pas au courant de ce que je transportais. Ma valise avait un cadenas, Ibtissem m'a dit que c'était des cosmétiques", avait-elle assuré face aux juges.
Ibtissem B. affirme en revanche que c'est son amie d'enfance qui a réceptionné les deux valises le matin de leur vol Bangkok-Bruxelles, pendant qu'elle dormait. "Si on avait su qu'il y avait de la marijuana à l'intérieur, jamais on n'aurait pris les valises. On n'allait pas risquer d'aller en prison. J'ai même pas regardé s'il y avait un cadenas, j'ai fait confiance à mon ami Taeric", s'était-elle défendue. Selon sa tante, Ibtissem B., une étudiante de religion musulmane "très pieuse", suivait un BTS pour devenir agent immobilier.
Détenues à la prison de Silivri en Turquie
Les jeunes femmes sont bien traitées, assure-t-elle. La prison de Silivri est la plus grande d'Europe où sont détenues de nombreuses personnalités politiques dont le maire d'opposition d'Istanbul, Ekrem Imamoglu.
"C'est propre et très discipliné. Elles sont quatre par cellule, les portes ouvertes dans la journée. Ibtissem suit des cours de turc tous les matins. Passés les premiers jours d'effondrement, elle se dit patiente et confiante", détaille la tante.
L'avocate française de la famille d'Ibtissem B., Carole-Olivia Montenot, affirme que Taeric O. a piloté toute l'affaire depuis la prison d'Amiens (nord de la France). Rien de cela n'aurait eu lieu s'il n'avait pu se procurer un téléphone portable en détention, souligne-t-elle.
"On a dénoncé ce voyou qui est, pour nous, le commanditaire" de cette opération, a assuré lundi la tante qui dit attendre le jugement en Turquie pour "se battre" afin d'obtenir le transfert des jeunes femmes en France. "Comme la drogue n'était pas destinée à la Turquie, on espère que les juges feront preuve de clémence", espère-t-elle.












