Procès de Monique Olivier: son fils Selim n'a "jamais vu" Estelle Mouzin

Ce portrait-robot réalisé le 28 novembre 2023 montre Monique Olivier, l'ex-femme du tueur en série Michel Fourniret, dans la salle d'audience lors de son procès à la cour d'assises de Nanterre, en banlieue parisienne. - Benoit PEYRUCQ / AFP
L'ESSENTIEL
- Selim Fourniret est le fils de Michel Fourniret et Monique Olivier. Enfant, ses parents l'ont utilisé pour attirer des jeunes femmes, victimes du couple. Lire l'article
- Il a témoigné aujourd'hui, et a notamment assuré que sa mère était "une complice" de Michel Fourniret, et non pas une victime. Lire la brève
- Le fils et sa mère ont également eu un face-à-face tendu, pendant lequel Monique Olivier lui a affirmé qu'il n'avait pas "à lui faire la morale". Lire la brève
L'audience est terminée
L'audience est terminée. Elle reprendre demain matin avec l'interrogatoire de Monique Olivier sur les faits concernant la disparition d'Estelle Mouzin.
Monique Olivier dit "aimer" son fils
Plus calme, Monique Olivier dit avoir des choses à dire à son flis, des choses personnelles.
Il ne m’aime plus mais moi je sais que je l’aime toujours. Il compte pour moi. Je demande de ses nouvelles. Il ne me donne même pas son adresse et son téléphone, il peut m’écrire s’il veut, il peut venir me voir", dit l'accusée avec plus d'émotion dans la voix.
Selim Fourniret redemande à "Maman" de dire toute la vérité: "C’est une mère, elle sait ce que c’est d’avoir des enfants et de les aimer."
"Moi je suis le fruit d’un accident, le fruit d’une rencontre commerciale, qu’elle ne dise pas qu’elle a de l’amour pour moi."
Face à face tendu entre Monique Olivier et son fils
Selim Fourniret demande la parole et interpelle sa mère. "Je ne sais pas si tu te souviens à Saart-Custine, Michel aimait bien regarder une émission sur RTL, Child Focus. Un soir, je me rappelle, il a dit 'celle-là ça aurait pu être moi'", détaille le jeune homme qui implore sa mère de dire la vérité sur d'autres possibles crimes.
- "Dehors personne ne t’attend, qu’est-ce que tu as à cacher? N’essaies pas de protéger tes enfants, on es grand", dit-il à sa mère.
- "Tu n’as pas à me faire la morale", rétorque Monique Olivier, agacée.
- "Je ne suis pas ton fils, tu n’es pas ma mère", lui lance Selim Fourniret.
- "Va rejoindre Michaud tiens!", s'énerve encore Monique Olivier en faisant référence à son premier mari qui a pris en charge son fils après son interpellation.
Le face-à-face se poursuit. "Tu ressemble beaucoup à ton père déguisé comme ça, lance Monique Olivier. "Tu montres ton vrai visage", réagit Selim Fourniret.
L'absence de réaction de Monique Olivier face au témoignage de son fils
Le président de la cour d'assises donne la parole à Monique Olivier et l'invite à réagir au témoignage de son fils qui l'écoute.
"Je n’ai pas vraiment de choses à dire, il a fait des erreurs quand il parlait du Sautou", dit-elle simplement.
Me Seban insiste et rappelle que Selim Fourniret lui a demandé de dire "la vérité" "Je ne peux pas dire plus que je sais. Qu’est-ce que vous voulez que je dise plus? Je n’ai rien d’autre à ajouter. Je sais qu’il demande à ce que je dise ce que je sais, je dis ce que je sais."
"Je suis un monstre, je sais, je ne peux pas dire plus."
Depuis que Selim Fourniret sait la "vérité", il n'appelle plus Monique Olivier "maman"
L'avocat de Monique Olivier prend la parole. Il interroge Selim Fourniret sur le fait qu'il appelle sa mère "Monique" ou "la Monique". "Jusqu’à présent vous l’aviez toujours appelé Maman, pourquoi l’appeler Monique?", demande Me Delgénès.
"Depuis que j'ai appris la vérité sur elle, je ne l’appelle plus maman. Depuis Nanterre (et la confrontation avec Monique Olivier en 2019, NDLR), je ne l’ai pas appelée Maman."
Selim Fourniret n'a "jamais suspecté" ses parents
Selim Fourniret est interrogé sur une possible participation aux crimes de ses parents, à son insu. Non, ils ne lui ont jamais demandé de passer des coups de fil. Il ne se souvient pas non plus, lorsqu'il était en voiture avec son père, si celui-ci faisait des repérages de futures victimes.
"A l’époque, même si j’avais 15 ans au moment de la dernière affaire, je n’ai pas suspecté mes parents du comportement qu’ils ont", répète Selim Fourniret.
Le jeune homme se souvient seulement d'une scène qu'il ne peut ni dater, ni localiser. "Je me rappelle qu’un jour nous étions en voiture tous les trois, je me rappelle qu’il s’est arrêté sur le bord du chemin pour demander la route à une personne. Il a coupé le moteur, puis quand la personne est partie, il a rallumé le moteur. Et il a dit à Monique ‘tu vois le respect, tu coupes le moteur pour entendre la personne’."
Selim Fourniret imaginait ses parents "braqueurs"
Pendant un an, Selim Fourniret a vécu seul avec sa mère Monique Olivier après l'incarcération de son père Michel Fourniret. "Elle était bien, nous ne parlions pas de l'affaire", se souvient-elle.
Lors de cette période, Monique Olivier était régulièrement entendue par les enquêteurs, avant d'impliquer Michel Fourniret dans six meurtres. "Quand elle allait en audition je lui demandais comment ça se passait. Elle me disait 'ça s’est bien passé, on m’a posé des questions sur ton père'."
Selim Fourniret se souvient que dans sa maison d'enfance, il y avait des "armes" et "beaucoup d'argent". Après l'interpellation de son père, il pensait "qu’ils avaient fait un braquage, je pensais qu’ils avaient fait une connerie".
Le président empêche les questions à Monique Olivier
Me Didier Seban souhaite interroger Monique Olivier sur le témoignage de son fils, qu'elle écoute attentivement. La septuagénaire semble avoir quelque chose à dire mais est coupée immédiatement par le président de la cour d'assises.
"Elle a voulu continuer, elle est restée", dit Selim de sa mère Monique Olivier
Selim Fourniret revient sur le rôle de sa mère dans les crimes de son père. "Elle a voulu continuer, elle est restée", répète-t-il.
Le jeune homme revient sur "le premier réflexe" que Monique Olivier a eu quand Michel Fourniret a été interpellé et placé en détention. "Ca a été de déménager à 10 km de la maison d’arrêt où il était incarcéré", souligne-t-il.
Selim Fourniret rejette l'idée que sa mère était "sous emprise". "Pourquoi elle n'a pas profité de ce moment pour partir? La Belgique est un petit pays mais il y a quand même de la place, elle n'était pas obligée d’aller vivre à côté de la maison d’arrêt", conclut-il.
Selim Fourniret "aimerait bien se rappeler" et en même temps "oublier" son enfance
C'est au tour des parties civiles de poser des questions. Me Didier Seban lui demande s'il a des souvenirs de plusieurs détails, en lien avec les meurtres jugés par la cour d'assises.
"J’aimerais bien me rappeler et en même temps j’aimerais bien oublier", répond Selim Fourniret.
Selim Fourniret raconte avoir pensé à plusieurs méthodes pour peut-être "révéler des souvenirs enfouis." "Peut-être qu’on pourrait trouver des informations que j’ai occultées pour me protéger", suggère-t-il.
"Régulièrement j’essaie de repenser à cette période passée pour apporter des éléments de réponse aux proches mais rien ne me revient."
En 2016, Michel Fourniret avouait le meurtre de Joanna Parrish à son fils
Selim Fourniret est interrogé sur ses relations avec son père après son incarcération. Il a entamé une correspondance épistolaire avec Michel Fourniret dans le cadre d'un projet d'un livre Le fils de l'ogre, co-écrit avec un journaliste, Olivier Porri Santoro.
Le 16 janvier 2016, le duo se rend à la maison d'arrêt où est incarcéré Michel Fourniret. "Un jour a marqué d'une pierre blanche", lui a dit le tueur. Lors de cette rencontre, le tueur parle de l'affaire Parrish et Mouzin. Concernant Estelle Mouzin, "il est resté droit dans ses bottes". Mais Michel Fourniret reconnaît le meurtre de Joanna Parrish.
"Le seul regret qu’il avait c’était d’avoir tué Farida Hammiche (meurtre pour lequel il a été condamné en 2018, NDLR). C’était une femme comme ça, mimant un pouce en l'air, c’est dommage de l'avoir tuée."
Lors de ce parloir, Michel Fourniret a également pleuré en évoquant la mort de son fils aîné. "Mais par rapport à moi il n’ a pas exprimé de regrets autres", déplore Selim Fourniret.
"J'ai vécu avec des acteurs", dit Selim Fourniret
"J’ai vécu pendant 15 ans avec des acteurs, devant moi ils ne parlaient pas de ce qu’ils avaient fait", dit Selim Fourniret, assurant n'avoir jamais eu de soupçons sur les comportements criminels de ses parents.
"C’était acteur papa, acteur maman. Je n‘ai jamais soupçonné les personnes qu’ils étaient vraiment."
Pour son fils, Monique Olivier "c'était pas victime, c'était une complice"
Selim Fourniret revient sur les faits pour lesquels sa mère Monique Olivier est jugée: "J’ai été horrifié de savoir que ce n’était pas une victime. J’ai vu les lettres écrites entre elle et lui, elle dit qu’elle veut travailler avec son fauve. C’est un pacte qui est fait, elle avait conscience de ce qui se passait, elle a signé."
"Pour moi c’était pas une victime, une complice", insiste-t-il devant la cour d'assises.
Il revient sur la dernière fois où il a vu sa mère, dans le bureau de la juge d'instruction Sabine Khéris lors d'une confrontation. "Elle ne m’a pas demandé comment j’allais, elle ne m’a pas demandé de nouvelles", regrette-t-il face à une Monique Olivier qui conteste dans le box.
La juge avait alors demandé si Monique Olivier avait quelque chose à dire à son fils. Question à laquelle elle a répondu par la négative. "A partir de là, c’est une femme qui n’a pas d’émotions, qui est manipulatrice, qui fait semblant."
"Je n'ai pas de souvenirs d'Estelle Mouzin", dit Selim Fourniret
Lors de l'enlèvement d'Estelle Mouzin, Selim Fourniret avait 14 ans et demi. Une ancienne co-détenue de Monique Olivier affirme que cette dernière lui a confié que la nuit de l'enlèvement l'adolescent a vu la petite fille au domicile du couple.
"Je n’ai jamais vu la jeune fille. Je n’ai pas connaissance de cette présence, je n'ai vu personne dans la cave, je n’ai rien entendu. Je n'ai pas vu de comportement sortant de l’ordinaire de la part de Michel et Monique."
"Je ne remets pas en cause le témoignage mais je n'ai pas de souvenirs d’une prétendue cousine. (...) A ma connaissance, il ne s’est rien passé."
Selim Fourniret n'écarte pas que son "esprit a fait un cloisonnement".
Selim Fourniret revient sur les aveux de sa mère
Selim Fourniret est interrogé sur l'interpellation de son père en 2003 et les aveux de sa mère en 2004.
Le jour de l'interpellation de Michel Fourniret, Monique Olivier est allé chercher son fils à l'école. "Sur le retour elle me dit 'papa n’est pas là, il est parti'. Je pose pas de question, je me dis 'tant mieux, cool'. Quand nous arrivons devant la maison il y avait des véhicules de police, je pose pas de questions. Monique était anxieuse et stressée."
Pendant un an, Selim Fourniret vit avec Monique Olivier au rythme des 120 auditions de cette dernière par les enquêteurs. Il assure ne se douter de rien à l'époque sur l'implication de sa mère dans les crimes de Michel Fourniret.
"Tout ce que je sais c’est qu’un jour elle est partie à une convocation, qu’elle n’est pas rentrée, que je suis resté seul à la maison. Mon oncle est venu me chercher et il m’a expliqué", détaille-t-il de cette journée de 2004 où Monique Olivier a fait des aveux.
"Je la voyais en tant que maman, je la voyais pas en tant que complice, qu'aide de Michel Fourniret (...) J'ai été écoeuré par le visage de cette femme, pour moi c’était maman."
Selim Fourniret décrit une "mère aimante"
Si Selim Fourniret dit ne pas avoir "d'affect" pour son père lors de son enfance, il décrit une relation apaisée avec sa mère Monique Olivier.
"Nous étions proches, dit-elle. Pour moi c’était maman, un enfant aime sa maman. Elle était aimante, elle m’aidait."
Il décrit une relation d'autant plus proche qu'elle excluait Michel Fourniret. "Si on rigolait (avec ma mère, NDLR), on s’arrêtait parce que Michel arrive."
Selim n'avait "pas d'affect" pour son père Michel Fourniret mais "le respectait"
Interrogé sur ses relations avec son père Michel Fourniret, Selim Fourniret fait état d'un père "autoritaire".
"Michel Fourniret était un père qui n’était pas proche de moi", dit le jeune homme.
Il parle d'un père avec des "paroles dures", un père "pas aimant". "Il ne jouait pas avec moi. Mais pour moi, à l’époque, c’était papa."
Pendant son enfance, il dit ne pas "avoir eu d'affect pour lui". "C’est pas que j’avais peur de lui, mais je le respectais en tant que figure paternelle", poursuit Selim Fourniret.
Selim Fourniret espère "apporter des réponses qui vous aideront"
Le président de la cour d'assises donne la parole à Selim Fourniret pour une déclaration liminaire. "J’espère apporter des réponses qui vous aideront", lance le jeune homme d'emblée.
"Je demande à Monique Olivier de parler, de se libérer d’un poids, et de permettre aux familles de faire leur deuil", poursuit-il.
Le président de la cour d'assises l'interroge sur sa présence aujourd'hui, alors que Selim Fourniret avait fourni un certificat médical pour ne pas paraître devant la cour lors de son audition prévue à l'origine vendredi dernier.
"Je ne refuse pas de me présenter devant cette cour d’assises, en tant que témoin, je refuse juste la présence des journalistes", dit-il.
Selim Fourniret porte une perruque et une fausse barbe
L'audition commence. Selim Fourniret porte une perruque couleur gris bleu et vraisemblablement une fausse barbe. Il se présente: "Selim Olivier, 35 ans, agent de sécurité, j'habite à Nice".
Il confirme n'avoir jamais été entendu lors des deux procès précédents de ses parents en 2008 et 2018.
Selim Fourniret, fines lunettes, s'exprime les mains dans les poches de sa doudoune bleue, fermée jusqu'au cou.
L'audience reprend, le témoignage de Selim Fourniret attendu
L'audience reprend. Le témoignage de Selim Fourniret doit commencer en visioconférence.
L'homme de 35 ans doit témoigner depuis le tribunal judiciaire de Nice. Il est en effet placé sous contrôle judiciaire et sous bracelet électronique après sa mise en examen en juillet dernier pour une tentative de viol sur une mineure.
Une forte affluence pour cette audience
L'audience doit reprendre à 15 heures. Beaucoup de monde fait actuellement la queue pour entrer dans la salle d'audience mais aussi dans la salle extérieure installée pour accueillir le public.
Pour les parties civiles, il s'agit d'un "témoin essentiel"
Pour les parties civiles, Selim Fourniret, qui a changé de nom depuis, est un "témoin essentiel". Monique Olivier s'est servi de sa grossesse pour attirer des futures victimes de Michel Fourniret, ou de Selim lorsqu'il était enfant.
Surtout, une ancien co-détenue de Monique Olivier a affirmé que cette dernière lui a confié que Selim Fourniret était présent dans la maison où Estelle Mouzin a été séquestrée.
L'audience du jour consacrée au témoignage de Selim Fourniret
Bonjour à tous et bienvenue dans ce direct consacré au procès de Monique Olivier. Selim Fourniret, le fils de Michel Fourniret et Monique Olivier, doit témoigner ce mercredi 13 décembre à partir de 15 heures devant la cour d'assises des Hauts-de-Seine. Pendant des années, il a été utilisé à son insu pour les crimes de ses parents.
L'homme, aujourd'hui âgé de 35 ans, doit être entendu en visioconférence depuis le sud de la France. Il devait témoigner vendredi dernier mais avait adressé un certificat médical à la cour.
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