Procès Jubillar: l'avocat de Cédric Jubillar affirme que "de toute façon il y aura un procès en appel"

L'ESSENTIEL
- Au micro de BFMTV, la défense de Cédric Jubillar a une nouvelle fois affirmé avoir "l'intime conviction" de son innocence. Lire la brève
- Me Alexandre Martin affirme que Cédric Jubillar est "un homme qui va mal dormir", à la veille de son verdict. Lire la brève
- Me Alexandre Martin et Me Emmanuelle Franck, ont aussi assuré que "de toute façon il y aura un procès en appel" si Cédric Jubillar est condamné ou acquitté. Lire la brève
- Vendredi, les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu'il soit condamné. Si trois votent non coupable, il sera acquitté.
Les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict vendredi
Ce direct consacré au procès de Cédric Jubillar pour le meurtre de son épouse Delphine, dans le Tarn, est désormais terminé. Ce jeudi, l'avocat de l'accusé, Me Alexandre Martin, a décrit un procès "vicié".
Vendredi, les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu'il soit condamné.
Les deux avocats de Cédric Jubillar ont aussi assuré que "de toute façon il y aura un procès en appel" si ce dernier est condamné ou acquitté. Merci de nous avoir suivis sur BFMTV.com.
Enquête bâclée, procès vicié: au procès Jubillar, la défense tente le tout pour le tout
La défense a tenté de rappeller ce jeudi les principes de prudence et de présomption d’innocence. La dernière occasion pour les avocats de l’accusé de tenter de faire pencher la balance avant la décision des jurés qui a lieu vendredi.
L'avocat de Cédric Jubillar affirme que "de toute façon il y aura un procès en appel"
Alexandre Martin assure que "de toute façon il y aura un procès en appel" si Cédric Jubillar est condamné ou acquitté.
"S'il est condamné, c'est nous qui faisons appel, s'il est acquitté c'est l'accusation qui fera appel donc ce procès se rejouera dans un an à la cour d'appel de Toulouse", explique Alexandre Martin.
"C'est un homme qui va mal dormir": l'avocat de Cédric Jubillar décrit l'état d'esprit de son client à la veille du verdict
Son avocat Alexandre Martin raconte que Cédric Jubillar est "un homme qui va mal dormir", à la veille de son verdict. "La justice c'est une chose humaine et pas une science exacte", ajoute-t-il.
"Il nous a dit merci. Il est conscient du travail accompli", rapporte Me Alexandre Martin.
Les avocats de Cédric Jubillar affirment une nouvelle fois avoir "l'intime conviction" de l'innocence de leur client
Me Alexandre Martin, avocat de Cédric Jubillar, explique sur BFMTV que si son client est condamné, "ce sera problématique sur l'idée qu'on se fait de la justice", affirmant une nouvelle fois avoir "l'intime conviction de son innocence".
"Des enquêteurs sont partis d'une certitude que Cédric Jubillar était coupable", estime Me Alexandre Martin.
L'avocate de Cédric Jubillar dénonce "un cirque judiciaire"
Me Emmanuelle Franck, l'avocate de Cédric Jubillar, dénonce "un cirque judiciaire qui est extrêmement dérangeant pour la sérénité de la justice, pour l'oralité du débat" à la veille du verdict.
"Votre devoir est de l'acquitter", demande l'avocat de l'accusé aux jurés
Plaidant depuis maintenant deux heures et demi, Me Alexandre Martin rappelle une fois encore les conclusions de l'enquête: rien n'a permis de mettre en évidence l'existence d'une scène de crime.
Au terme de sa plaidoirie, l'avocat rappelle aux jurés qu'ils doivent se prononcer notamment à partir de leur intime conviction et leur demande, pour cela, de se reposer sur leurs certitudes.
"Pendant les heures que vous passerez en délibéré, vous allez vous livrer à un exercice exigeant. (...) Votre décision vous engage. Vous, face à votre conscience", déclare-t-il.
"Non, vous ne pouvez pas condamner Cédric Jubillar. Au contraire votre devoir vous dicte de l’acquitter", conclut Me Martin.
Pour son avocat, les confessions rapportées par deux ex-compagnes et un ex-codétenu sont peu crédibles
Me Alexandre Martin évoque à présent les confessions de Cédric Jubillar rapportées par trois témoins, à savoir les deux ex-compagnes de son client, et un ancien codétenu, Marco.
"Harcelé" selon l’avocat par Séverine L., sa première ex-compagne, Cédric Jubillar a lâché qu’il était bien coupable dans la disparition de son épouse pour avoir la paix, résume Me Alexandre Martin. "Ça correspond à sa psychologie."
Jennifer C., elle, "au lieu de courir chez les gendarmes faire ses déclarations, elle va courir les faire dans la presse."
"Tout le monde veut résoudre ce dossier, et elle, elle va tenter par la séduction", lance Me Martin à la barre.
Reste Marco, l'ex-codétenu de Cédric Jubillar. L’avocat juge son témoignage peu crédible, Marco ayant quelque chose à gagner de ces révélations selon lui, à savoir une remise en liberté. "Il nous a baladés", estime l'avocat.
La défense nie toute violence de l'accusé sur son épouse
L'avocat de Cédric Jubillar plaide depuis presque deux heures. Il revient sur un point abordé lors de la seconde semaine du procès notamment: les méthodes éducatives violentes utilisées par son client sur ses enfants.
L’avocat affirme que "ce sont des violences de mimétisme, qui sont justifiées dans son esprit", lui qui "n’a pas eu de modèle paternel" et qui a longtemps été maltraité par son beau-père.
"On ne peut pas tirer de lien entre cette violence à l’égard de Louis et sa relation avec Delphine. Ce n’est pas parce qu’il donnait des calbotes à son fils qu’il tapait Delphine", conclut Me Alexandre Martin.
Selon son avocat, les menaces proférées par l'accusé sont liées à son côté "brut de décoffrage"
Selon Me Alexandre Martin, les menaces proférées par Cédric Jubillar à l'égard de Delphine devant sa mère ne sont pas à prendre pour argent comptant. "Je vais la tuer", avait-il prononcé, quelques jours avant la disparition de l'infirmière.
"Qui n’a jamais entendu ça? Ce qui m’agace, c’est que dans une cour d’assises, la vraie vie on la met dehors! Mettons un peu de nuance dans ce qu’était ce couple. Oui, il est capable de dire 'je vais la tuer, elle me fait chier'", plaide l'avocat.
"Ah, il est brut de décoffrage, Cédric Jubillar. Le manipulateur, on en est loin", reprend-il. "Il est capable de s'emporter, de dire n'importe quoi, de gueuler. Ce n'est pas un homme emporté par une passion débordante, il n'est pas obsessionnel."
L'accusé n'a jamais "harcelé" son épouse, assure son avocat
S'appuyant sur le nombre de messages envoyés par son client à sa femme en 2020, Me Alexandre Martin réfute tout "harcèlement" de la part de Cédric envers Delphine, les semaines précédant sa disparition.
"On les a relus tous ces messages, on a la radiographie de ce couple, jamais un message d’insultes", affirme-t-il.
"Il y aura une tentative de géolocalisation", reconnaît l'avocat. "Qui n’a pas eu envie de géolocaliser sa femme quand vous sentez qu’elle vous fuit?"
Sans sa rencontre avec son amant, Delphine "n'aurait pas eu l'idée de partir", affirme la défense
Me Alexandre Martin, toujours en train de plaider, retrace l'histoire de la relation entre Delphine et Cédric. Il en vient désormais au délitement du couple, à l'envie de l'infirmière de trouver "mieux".
"En 2020, Delphine va envisager de faire des rencontres, voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte", décrit l'avocat.
"Il y a la rencontre avec Donat-Jean. Ils se rencontrent. (…) Elle ne l’aurait pas rencontrée, elle n’aurait jamais eu l’idée de partir", affirme-t-il.
D'après lui, Donat-Jean va alors "faire rêver Delphine".
"Entre celui qui va jouer le soir, qui fume des joints dans le jardin en se cachant, qui emploie des propos peu amènes à l’égard de son épouse, qui l’aime pourtant. Et de l’autre côté, Donat-Jean qui se présente comme le gendre idéal. Le pianiste qui lui joue la sérénade."
Pour son avocat, Cédric Jubillar est capable de "supporter ses frustrations"
Depuis plusieurs minutes, Me Alexandre Martin esquisse le portrait d'un homme "travailleur" malgré son incapacité à garder ses postes successifs.
"C’est quelqu’un capable de respecter la norme, les contraintes, ses frustrations. (…) De supporter les pires souffrances", déclare l'avocat.
Il parle du couple formé par Delphine et Cédric, amoureux au dépat, puis qui "va évoluer au fil des années". "Il va être atteint à un moment donné par une certaine monotonie."
"Aucune personne n'a évoqué la moindre violence de Cédric sur Delphine", souligne encore Me Martin.
La défense estime que la lettre de Louis est "indigne"
L'avocat de Cédric Jubillar poursuit en décrivant le sort de son client comme celui d'un homme très seul, auquel on a "même retiré son nom de 'papa' dans une lettre, soufflée, suggérée", juge-t-il. Il fait référence à la lettre adressée à la présidente du tribunal par Louis, le fils du couple Jubillar, âgé aujourd'hui de 11 ans.
Une lettre "indigne", estime l'avocat.
"On a tout détruit. On a présenté papa comme le coupable. On aurait pu imaginer un autre discours. Papa, ça reste papa, ça n’est pas Cédric Jubillar, on ne peut pas écrire ça dans un courrier."
L'avocat de l'accusé déroule le portrait d'un "homme seul, présenté comme un coupable"
L'avocat de l'accusé poursuit en déployant le portrait d'un "homme seul".
"Il est présenté comme un coupable, derrière cette cage en verre. (…) C’est cet homme seul qui se présente devant vous", placé à l'isolement depuis quatre ans et demi.
"Quatre ans et demi d’isolement, seul dans une cellule de 9m2, il ne parle qu’aux murs, ou aux fantômes sans visages des cellules d’à côté. Quatre ans et demi qu’il a pour plaisir, une heure par jour, de regarder le ciel grillagé. Quatre ans et demi qu’il n’a pas vu un carré d’herbe. Quatre ans et demi qu’il n’a pas senti l’odeur de la campagne qu’il aimait tant. Vous voulez qu’on sorte indemne d’un tel traitement?", déroule-t-il.
Son avocat fustige une "instruction à charge" et une "violation de la présomption d'innocence"
L'avocat de Cédric Jubillar, qui plaide en dernier, dénonce une "instruction à charge", menée dès le départ à l'encontre de son client.
"Je voulais vous parler de Cédric, de ce qu’il vit depuis le 16 décembre 2020. A cette machine effrayante qui s’est mise en branle, quinze jours après la condamnation de Jonathann Daval. Une conviction des gendarmes, figée dès le premier jour", plaide-t-il.
"On l’épie, on le scrute, on l’accuse dès le départ", ajoute l'avocat, qui dénonce un "acharnement médiatique".
Pour Me Martin, qui défend l'accusé, "le procès est en lui-même vicié"
Après la suspension, Me Alexandre Martin, l'autre avocat de Cédric Jubillar, s'avance concentré à la barre. Il ouvre sa plaidoirie, la toute dernière de ce procès, sur le manque de preuves à l'encontre de son client et la responsabilité des jurés.
"L’affaire est exceptionnelle, hors-normes, à la hauteur de nos obligations respectives, moi défendre, vous juger", lance-t-il.
Selon lui, en avançant seulement un faisceau d'indices, "le parquet général tentent de se rattraper petitement, dégradant l’image de la Justice".
"Les indices de quoi? D’un crime? D’une scène de crime? Ou d’un coupable annoncé? Comment imaginer condamner un homme sans que l’on sache répondre à ces questions, sans corps ni scène de crime?", questionne-t-il.
"Ce procès est en lui-même vicié. C’est dérouler un tapis rouge à l’erreur judiciaire que d’accepter même qu’il se tienne."
Me Emmanuelle Franck termine sa plaidoirie, des trémolos dans la voix
Après avoir plaidé pendant plus de trois heures et demi, Me Emmanuelle Franck termine très émue, des trémolos dans la voix.
"Je me serais battue, à chaque instant, chaque minute, pendant quatre ans et demi et quatre semaines d’audience, mais dans quelques secondes je ne pourrai plus rien faire", explique-t-elle.
"Je l’ai défendu chez les juges d'instruction, lors des audiences, devant les journalistes, devant la famille, les amis. Mais je vais me taire parce que c’est seuls, dans le silence et le recueillement, que vous pourrez mettre fin à ce cauchemar", conclut-elle face aux jurés.
L'audience est suspendue.
Sur 288 auteurs d'infractions sexuelles autour du lieu des faits, "on n'en interroge que 65", critique la défense
S'approchant de la fin de sa plaidoirie, Me Emmanuelle Franck évoque le chiffre "glaçant" des 288 hommes fichés au Fijais, le fichier dans lequel sont inscrits les auteurs d'infractions, et vivant dans les environs de Cagnac-les-Minces.
"Sur ces 288 personnes, on ne va en interroger que 65. Ca fait quand même 223 types qu'on n'interroge pas", souligne l'avocate.
Pour l'avocate de l'accusé, l'erreur de copier-coller d'un gendarme n'a pas été "éclaircie"
Pour Me Emmanuelle Franck, l'"erreur de copier-coller" d'un gendarme concernant la téléphonie de Donat-Jean Macquet n'a là non plus pas été suffisamment "éclaircie".
"Je n’accuse pas, je vous dis juste que je n’en sais rien. Je suis désolée, ça n’est pas réglé, cette histoire", lance l'avocate.
Plusieurs éléments n'ont pas suffisamment été étudiés, pointe la défense
L'avocate de la défense soulève désormais tous les éléments qui, selon elle, ont été insufisamment étudiés lors des investigations. A commencer par le livret de famille, "ce qui est dingue, c’est que ça n’ait jamais intéressé personne", souligne Me Emmanuelle Franck.
Même raisonnement pour le compte Instagram de Delphine qui, le 14 janvier 2021, s’est abonné au compte de son amie Anne-Michelle S., "ça n’a intéressé personne", lance-t-elle.
"Je ne dis pas qu’elle était vivante le 14 janvier 2021, je dis que ça n’a intéressé personne", insiste l'avocate.
De même, avance-t-elle, la piste de l’amant n’a jamais été étudiée de manière approfondie par les gendarmes. "La domotique de sa maison, vous savez qui a demandé à ce qu’elle soit étudiée, deux ans plus tard ? C’est nous. Personne n’y avait pensé."
Son avocate évoque un accusé qui pense, en 2021, "que Delphine est en vie"
Plaidant depuis trois heures maintenant, Me Emmanuelle Franck relate un épisode qui n'a pas été retranscrit dans la procédure, alors que son client avait été placé sur écoute.
Le 9 février 2021, au cours d'une manipulation, les gendarmes réactivent le téléphone de Delphine Jubillar pour les investigations.
Ce jour-là, raconte son avocate, Cédric Jubillar "se rend compte que le téléphone de Delphine marche". "Sa réaction, c’est d’appeler la gendarmerie en disant 'Delphine lit mes messages', puis d’appeler son beau-père en disant 'Papa, Delphine lit mes messages'."
"Vous avez devant vous un homme qui pense que Delphine est en vie. Il envoie des messages écrits, il fait des captures d’écran. Les gendarmes ne les lui ont jamais demandé, ça ne les intéresse pas", commente l'avocate.
La défense revient sur l'absence de corps dans le dossier, un "mystère"
Me Emmanuelle Franck, qui défend Cédric Jubillar, poursuit sur la même ligne: "On n'a même pas le début d'une scène de crime quelque part", poursuit l'avocate.
Quant au corps, où est-il passé, si Cédric Jubillar a vraiment tué son épouse, s'interroge la défense. "Mystère, parce que tout a été vérifié. Toutes les mines ont été vérifiées, sachez-le."
"Surtout, il pleuvait ce jour-là, et il n’y a pas de boue dans la maison, ni sur les roues de la voiture", ajoute-t-elle.
"Toujours dans ce scénario, il faudrait imaginer que Cédric Jubillar est un acteur", rappelle-t-elle en relisant les messages envoyés par son client à son épouse, pour savoir où elle se trouve dans la nuit.
Pour son avocate, l'hypothèse d'une explosion de colère de l'accusé ne tient pas
Là où certains avocats des parties civiles ont plaidé une explosion de colère de Cédric Jubillar la nuit des faits, son avocate rappelle qu'aucune trace de lutte, de sang ou de nettoyage n'a été retrouvée par les enquêteurs dans la maison.
"Un pétage de plomb, c’est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle plus rien, qu’on éclabousse tout", lance Me Emmanuelle Franck.
"Imaginons qu’il pète un câble, il n’y ait pas de trace de sang, pas de trace de lutte. C’est quand même l’essentiel non?", poursuit-elle.
"Je me suis demandé s'il était suspect!", la défense critique le témoignage d'un voisin
Toujours sur le sens de stationnement de la voiture de Delphine, Me Emmanuelle Franck fustige le témoignage d'un voisin. La semaine dernière, Guillaume T., est venu raconter à l'audience que sa camionnette blanche était garée derrière la voiture de Delphine Jubillar et avoir eu du mal à démarrer le matin de la disparition, collé par le véhicule de ses voisins.
Cependant, très tôt le matin, les gendarmes n'ont pas relevé la présence d'un camion blanc.
"Son témoignage pose un gros problème. Je me suis même demandé à un moment s’il n’était pas un suspect!", lance l'avocate.
"S’il y a un camion blanc, (les gendarmes) ne peuvent pas ne pas le voir. Moi, je n’en sais rien, mais la camionnette a disparu dans la nuit. Soit Guillaume T. ment et se trompe de jour, soit il va devoir nous expliquer pourquoi sa camionnette a disparu dans la nuit."
La défense s'attaque à l'argument du sens de stationnement de la voiture
L'audience reprend, toujours avec la plaidoirie de Me Emmanuelle Franck, avocate de Cédric Jubillar. Elle s'attache à présent à démonter l'argument de la voiture retrouvée garée dans le sens contraire aux habitudes de Delphine, au matin de sa disparition.
"Si Cédric Jubillar avait été manipulateur, il aurait pu dire qu’il a fait un tour dans le village pour chercher Delphine et ‘être garé comme ça en rentrant. Vous voyez à quoi ça tient", commence-t-elle.
"C’est vrai", concède-t-elle, "Delphine Jubillar avait l’habitude de se garer capot vers le haut. Tellement vrai que le premier qui vous le dit, c‘est Cédric Jubillar. Mais, déclare-t-elle, "il y a deux cas où le plus logique, le plus naturel, est de revenir capot vers le bas. C’est quand on revient directement de l’école. Là, quand on revient, on revient capot vers le bas."
C'était a priori le cas de Delphine, qui est rentrée chez elle le 15 décembre 2020, après être allée chercher son fils à l'école.
Pour l'avocate de l'accusé, les lunettes de Delphine ne sont pas un élément "pertinent" dans le dossier
Me Emmanuelle Franck, qui défend Cédric Jubillar, s'attaque à présent aux lunettes de Delphine, retrouvées brisées derrière le canapé trois semaines après la disparition.
Au début de l’enquête, les gendarmes ont pensé qu’elles n’avaient pas d’intérêt pour les investigations, étant cassées depuis longtemps.
"Ces lunettes, elles n’ont intéressé personne. Elles vont être mises sous scellés en décembre 2023 (soit deux ans après la disparition, NDLR). On n’en a rien à faire pendant un an et demi", déclare l'avocate.
"Ça donne une idée de la faible pertinence" de cet élément dans le dossier, commente-t-elle.
Elle pointe par ailleurs que les gendarmes n'ont fait aucun inventaire des affaires de Delphine Jubillar au début de l'enquête.
L'audience est suspendue quelques instants.
Selon l'avocate de Cédric Jubillar, le témoignage de son fils Louis a été "pollué"
L'avocate de Cédric Jubillar revient à présent sur le témoignage de Louis, le fils de l'accusé et de la disparue, et notamment sur la lettre envoyée il y a deux jours à la présidente du tribunal, dans laquelle il répète sa version.
"Que dire de cette lettre? Il est un peu bizarre ce courrier, quand même, il est malaisant, deux jours avant la clôture des débats", lance d'abord Me Emmanuelle Franck.
"Je ne sais pas si ça vous a marqué, mais il appelle son père 'Cédric Jubillar'. Et ce besoin de dire que sa mère portait des lunettes sur le canapé. Pourquoi le mentionner? Parce qu’on lui a dit que c’était important. Son témoignage est pollué, évidemment."
Pour la défense, ce que dit Louis, le fils Jubilar, "n'est pas possible"
Me Emmanuelle Franck met à présent en doute la parole de Louis, le fils de Cédric et Delphine Jubillar, âgé de 6 ans au moment des faits. Lors de sa première audition par les gendarmes, au lendemain de la disparition, le 16 décembre 2020, il ne signale aucune dispute entre ses parents.
Lors de sa seconde audition, en revanche, Louis aurait alors expliqué avoir vu ses parents se disputer et son père lancer: "Puisque c’est comme ça, on va se séparer".
Lors de sa troisième audition, cependant, "il ne se souvient plus de la phrase ‘puisque c’est comme ça, on va se séparer’. Il se serait relevé, aurait ouvert la porte de sa chambre, puis la porte du couloir, et il aurait vu une scène entre le canapé et le sapin de Noël. Il va décrire ensuite qu’il va faire du bruit, aller se coucher, papa va venir vérifier s’il dort bien, il fait semblant de dormir, et il s’est endormi."
Elle dit avoir fait le test avec son confrère Alexandre Martin, et constaté que Louis n’aurait pas pu voir cette scène de dispute par l’entrebâillement de la porte sans se faire voir de ses parents. "Ce n’est pas possible", répète-t-elle en décrivant la configuration des lieux.
Pour la défense, certains indices contre Cédric Jubillar "ne collent pas"
Au cours de sa plaidoirie, face à des jurés très attentifs, Me Emmanuelle Franck dénonce des failles dans le faisceau d'indices recueilli par les gendarmes. Elle rappelle notamment qu'une voisine a déclaré avoir entendu des cris de femme le soir des faits vers 22h50.
Cependant, rappelle-t-elle, il est probable que le fils des Jubillar soit allé se coucher quelques minutes plus tard, peu avant 23 heures et n'a pas rapporté de dispute entre ses parents à ce moment-là. Pour elle, l'horodatage montre donc que cet indice est bancal.
"On essaye de prendre des pièces du puzzle et on force, on force quand ça ne rentre pas. Le problème, c’est que ça ne colle pas", lance l'avocate.
Cris de femme, griffure... l'avocate de l'accusé critique les indices recueillis pendant l'enquête
L'avocate de Cédric Jubillar passe désormais en revue les divers indices recueillis pendant l'instruction à l'encontre de son client.
A commencer par l'observation d'une "griffure" sur le bras de l'accusé, constatée au lendemain de la disparition de Delphine Jubillar. "Quelle escroquerie, cette griffure sur le bras", qui rappelle-t-elle, n’a jamais été prise en photo.
Elle passe ensuite aux cris d'une femme, entendus par deux voisines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. "Moi, je ne sais pas, c’est peut-être Delphine, ça l’est peut-être pas, moi je n’en sais rien", commence-t-elle, avant de pointer que les voisins immédiats des Jubillar, eux, n'ont rien entendu.
"Une seule voix, une voix de femme, pas de voix d’homme, jamais de dialogue. Des cris qui durent entre cinq et dix minutes. Cinq-dix minutes, c’est beaucoup, c’est un peu incompatible avec un étranglement", lance Me Emmanuelle Franck à la barre.
L'avocate de l'accusé fustige l'enquête qui ne s'est intéressée qu'à un seul "scénario", selon elle
Me Emmanuelle Franck, avocate de Cédric Jubillar, se dit ce matin "agacée" par le travail des gendarme, qui n'ont étudié selon elle qu'un seul scénario.
"Les six premiers mois, au moins 400 témoins sont interrogés. On ne les interroge que sur Cédric", explique-t-elle.
Elle reconnaît que son client ne s’exprime parfois pas bien, qu’il a pu le faire tout au long de l’audience, apparaissant notamment comme un mauvais père.
Mais "on ne condamne pas les mauvais types, on condamne les coupables."
Pour Me Emmanuelle Franck, l'absence de preuves "oblige à la prudence"
Me Emmanuelle Franck, qui plaide depuis ce matin, rappelle qu'il n'y a dans cette affaire ni corps, ni scène de crime.
"On vous a dit que c’était pas du tout gênant (pour condamner quelqu'un, NDLR), parce que ça arrive tous les jours. Vous savez qu’il y a des pays où l’on ne peut pas condamner quelqu’un si l’on n’a pas de corps? Ça oblige à la prudence", souligne-t-elle.
En guise de contre-exemple, elle cite notamment l’affaire Nicolas Zepeda, soupçonné du meurtre de son ex-petite amie, Narumi Kurosaki, à Besançon.
Dans ce dossier-là, il existe, selon elle, un faisceau d’indices bien plus fort que dans le dossier Jubillar, malgré l’absence de corps. "Voilà un dossier dans lequel on peut, éventuellement, condamner, même sans corps."
Pour l'avocate, "dans toutes les enquêtes on trouve quelque chose, et là on ne trouve rien. Et on joue aux experts. C’est ridicule. A aucun moment, personne ne s’est demandé si on ne s’était pas juste trompé de scénario."
L'avocate de l'accusé plaide un dossier sans preuves à l'encontre de son client
Depuis une trentaine de minutes, Me Emmanuelle Franck, avocate de Cédric Jubillar, plaide à la barre en insistant sur l'absence de preuve à l'encontre de son client.
"A nous de nous battre contre des 'il est possible', 'il est probable', 'il n’est pas improbable', 'ça ne peut être que lui'", déclare-t-elle.
Elle poursuit en rappelant aux jurés qu'il n'y "pas de corps et pas de scène de crime" dans le dossier: "On vous agite depuis des jours que ce n’est pas grave de pas avoir de preuves, parce qu’on a trouvé quelque chose de mieux. Plein d’indices qu’on met dans une boîte, et ça fait un faisceau. On vous dit qu’on n’a pas besoin de tout savoir, on prend des petits trucs, on secoue la boîte, et hop! Une preuve."
Pour la défense, l'affaire est une "machine à broyer dans laquelle la mauvaise foi côtoie l’incompétence"
Me Emmanuelle Franck fustige un "cirque judiciaire" lors de sa plaidoirie ce matin.
"Nous sommes les dernières voix d’un homme écrasé depuis plus de 4 ans et qui ne sait plus comment dire qu’il est innocent. Il pourra bien le dire comme il veut, personne n’a envie de le croire", commence-t-elle.
"Il a mis un pied dans une machine à broyer dans laquelle la mauvaise foi côtoie l’incompétence."
"Dans quelle justice accepte-t-on qu’un dossier soit lu à livre ouvert, par tout le monde?", interroge-t-elle, faisant référence à la médiatisation de l'affaire et à une enquête selon elle bâclée.
L'avocate dénonce également des témoins qui, selon elle, se sont répandus dans la presse. "Il y a trop de gens dans cette affaire qui n’étaient pas grand-chose et qui ont voulu devenir quelqu’un."
L'avocate de Cédric Jubillar s'élance pour sa plaidoirie
Les plaidoiries des avocats de la défense démarrent, ce jeudi matin. Me Emmanuelle Franck s'élance la première.
"Quand j’y pense, mon cœur bat plus fort. Il y a derrière ce procès-spectacle, ce procès-vitrine, deux frères et une sœur silencieux et dignes. Il y a aussi deux invisibles qui attendent, Louis et Elyah", les enfants du couple Jubillar, lance-t-elle.
Deux enfants encore très jeunes auxquels on "présentera comme une vérité que maman n’est plus là à cause de papa".
"Il faut en être certain pour leur dire cela. Peut-on l’être ici?", questionne l'avocate de Cédric Jubillar.
Trente ans de réclusion criminelle requis contre l'accusé
Hier après-midi, les deux avocats généraux ont longuement plaidé l'un après l'autre.
"Oui, c'est lui qui a tué Delphine Aussaguel", a assuré le premier, ajoutant que Cédric Jubillar a, pour lui, du "sang-froid".
"Est-ce qu'on a besoin d'être intelligent pour dissimuler un corps? Non, il faut du sang froid", dit-il. "Avoir du sang froid, il en a: le matin de la disparition, il est en train de fumer un joint", rappelle-t-il.
Ils ont finalement requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle à son encontre, assortie de plusieurs peines complémentaires telles que l'interdiction de perception de la pension de réversion ou l'interdiction de porter ou détenir une arme pendant 15 ans.
Des avocats des parties civiles demandent aux jurés une "vérité judiciaire"
Mercredi matin, en ouverture d'audience, les avocats de Louis et Elyah Jubillar ont clôturé les plaidoiries côté parties civiles.
"Moi, je ne vous fais pas confiance, M. Jubillar, je ne vous accorde aucun crédit, rien, vous êtes un menteur", a déclaré Me Laurent Boguet, implorant les jurés de "rendre" Delphine à ses enfants.
"Il ne l'a pas seulement tuée, il l'a étranglée pour la faire taire, il l'a effacée en faisant disparaître le corps", a lâché en fin de plaidoirie l'avocat toulousain.
De son côté, sa consoeur Me Malika Chmani a déclaré qu'en l'absence de "vérité de leur père", elle était "venue chercher une vérité judiciaire".
Les plaidoiries de la défense attendues ce jeudi
Bonjour à toutes et tous. Bienvenue dans ce direct consacré au procès de Cédric Jubillar pour le meurtre de son épouse Delphine, dans le Tarn.
Alors que le verdict est attendu vendredi, les deux avocats de l'accusé doivent plaider aujourd'hui.
Comme ils le font depuis le début du procès, Mes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin devraient insister sur le manque de preuves accablantes à l'encontre de leur client dans le dossier.











